Hong Kong: Noël « gâché » par des « émeutiers irresponsables », fustige le pouvoir


Des heurts sporadiques ont éclaté mercredi entre militants pro-démocratie et policiers anti-émeute à Hong Kong, au lendemain de violents affrontements condamnés par le pouvoir pro-chinois qui a accusé les « émeutiers irresponsables et égoïstes » d’avoir gâché les festivités de Noël.

« De tels actes illégaux ont non seulement gâché l’ambiance festive, mais ont également porté préjudice au commerce local », a fustigé mercredi sur son compte Facebook la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam.

A Mong Kok, un quartier prisé pour faire du shopping et théâtre de fréquents affrontements au cours des six derniers mois, la police a fait usage massivement de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui prenait à partie les policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.

Hong Kong : affrontements la veille de Noël (AFP – )

Du gaz au poivre a également été utilisé dans au moins deux « malls » (centres commerciaux) lors de heurts entre la police et les manifestants. De nombreux jeunes manifestants ont été arrêtés, certains par des policiers en civil qui s’étaient mêlés à la foule, selon des images diffusées en direct par les télévisions locales.

« Le gouvernement pense pouvoir réduire au silence la population par des arrestations et des menaces, mais les Hongkongais ont montré à quel point ils étaient courageux et endurants ces derniers mois », a déclaré à l’AFP Roger Mak.

Ce dernier, qui travaille dans la sécurité informatique, figurait parmi la centaine de personnes qui se sont rassemblées dans un café qui organisait un banquet de Noël gratuit mercredi soir en soutien au mouvement.

« Le gouvernement pense pouvoir faire taire la population par des arrestations et des menaces, mais les Hongkongais ont prouvé notre courage et notre résistance au cours de ces mois », a déclaré à l’AFP Roger Mak.

Les heurts de mercredi ont toutefois été moins violents que ceux de la veille qui ont mis aux prises pendant plusieurs heures des centaines de militants vêtus de noir aux forces de l’ordre dans un des quartiers les plus animés de la ville.

La police tire des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, le 25 décembre 2019 à Hong Kong (AFP - Philip FONG)

La police tire des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, le 25 décembre 2019 à Hong Kong (AFP – Philip FONG)

A Hong Kong, théâtre depuis juin de la crise la plus grave de l’ex-colonie britannique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, la violence avait baissé d’intensité depuis un mois.

Le mouvement est né d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. L’exécutif local pro-Pékin a renoncé à ce projet, mais les manifestants ont élargi leurs revendications à des élections libres et plus de démocratie face à une mainmise grandissante de Pékin.

A Hong Kong, où vit une importante communauté chrétienne, la soirée de Noël est traditionnellement très animée dans les bars et autres commerces mais cette année, les autorités ont renoncé à piétonniser certaines artères pour éviter qu’elles ne deviennent des points de rassemblement.

D’une manière générale, le mouvement et la répression policière ont eu un impact non négligeable sur le tourisme et l’économie de la place financière, entrée en récession au troisième trimestre pour la première fois depuis dix ans, le PIB s’inscrivant en recul de 3,2%.



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