La course au MVP : qui domine au plus/minus ?


Pas un grand fan des stats avancées, Gregg Popovich s’est emporté cette semaine contre le plus/minus (+/-) que la NBA a ajouté dans les stats officielles. De manière brute, cette statistique permet de connaître le différentiel d’une équipe lorsqu’un joueur est sur le terrain. Si ce +/- est par exemple de +10, ça signifie que l’équipe a marqué 10 points de plus que l’adversaire quand ce joueur était sur le terrain. On peut donc en conclure que plus un différentiel est élevé, plus un joueur a un impact positif sur le jeu de son équipe. Mais Gregg Popovich n’est pas d’accord…

« Je ne regarde jamais le plus/minus. Je pense que c’est une arnaque. (…) C’est compliqué de prendre en compte qui est sur le terrain selon la configuration du groupe. Parfois, vous allez en tirer bénéfice avec le +/- et d’autres, non. J’ai toujours eu l’impression que cette stat s’était faufilée chez nous sans prévenir. Nous sommes revenus une année et soudainement, il y avait le +/- sur la feuille de stats. Personne n’avait rien dit, personne n’avait rien demandé à ce que je sache. C’est une chose horrible pour les joueurs car ils le regardent et ils se demandent : ‘Pourquoi je ne joue pas ? Mon ratio est bien meilleur que l’autre gars.’ C’est un cauchemar pour un coach. » 

Pour le coach des Spurs, le ratio +/- est donc trompeur, et ne peut pas permettre de jauger la qualité d’un joueur. On a donc décidé de le prendre aux mots et de jeter un oeil au classement de la saison en cours.

Le numéro 1 ? Giannis Antetokounmpo avec un +358. Son dauphin, en cumulé, c’est son coéquipier Wes Matthews avec +269. Puis on trouve Brook Lopez avec +242. On trouve en fait six Bucks dans le Top 10 de ce classement, et ça va dans le sens de ce que décrit Gregg Popovich qui explique que cette statistique dépend surtout de qui est sur le terrain. Et là, clairement, des Matthews, Lopez ou DiVincenzo profitent de la présence du « Greek Freak » sur le terrain, et de la domination générale des Bucks.

Si l’on s’en tient uniquement à la moyenne par match, ce n’est pas plus significatif puisqu’on trouve toujours six Bucks dans le Top 10. Sauf que le dauphin de Giannis Antetokounmpo a changé, et c’est Kawhi Leonard avec 9.7, contre 11.9 pour le Grec.

À chacun sa formule…

Comme cette stat est effectivement biaisée, ESPN a décidé de prendre en compte le « real plus-minus« , un indice créé par deux anciens statisticiens des Suns, et il propose d’ajouter le différentiel sur 100 possessions en attaque et celui sur 100 en défense. On obtient alors deux chiffres : un +/- en attaque, et un +/- en défense. L’objectif est d’isoler la performance d’un joueur de celles de ses coéquipiers, mais aussi de moins avantager une équipe qui joue vite, et qui forcément marque plus de points si elle est efficace. Et qui domine ce secteur ? LeBron James avec 10.1, devant Giannis Antetokoumpo (8.2) et James Harden (6.7). Le second joueur des Bucks n’est que 10e et il s’agit de… Donte DiVincenzo. Quant à Luka Doncic, considéré par beaucoup comme l’un des trois meilleurs joueurs de ce début de saison, il n’est que 25e.

On le voit, cette statistique avancée n’est pas parfaite, et depuis cinq ans, Basketball Référence a décidé d’améliorer encore cette indice avec le « box real-minus« . Cette fois, il s’agit d’évaluer le différentiel à partir de celui d’un joueur moyen, estimé à 0. Cela permet ainsi d’homogénéiser l’impact d’un joueur, et d’éviter que certains éléments profitent des cartons de leur équipe pour faire exploser leurs chiffres. Là encore, il s’agit de distinguer la performance d’un élément, par rapport à ses coéquipiers, et notamment les remplaçants, mais aussi de ceux des autres équipes. La formule est indigeste, et on imagine déjà la tête de Gregg Popovich en la lisant : Raw BPM = a*ReMPG + b*ORB% + c*DRB% + d*STL% + e*BLK% + f*AST% – g*USG%*TO% + h*USG%*(1-TO%)*[2*(TS% – TmTS%) + i*AST% + j*(3PAr – Lg3PAr) – k] + l*sqrt(AST%*TRB%).

Qui est le leader avec cet indice ? Luka Doncic avec 13.9, devant Giannis Antetokounmpo et James Harden. Vu leur impact sur les résultats de leurs équipes respectives, cela semble plutôt pertinent, et ils sont suivis de Karl-Anthony Towns, LeBron James et Nikola Jokic. Mais on n’est pas certain que ça séduise pour autant Coach Pop…

1 – Giannis Antetokounmpo
Bilan : Bucks – 27v-4d – 1er à l’Est
Stats : 31 min, 31.0 pts, 12.9 rbds, 5.6 pds, 1.3 int, 1.2 ct, 3.7 bps, 57% tirs, 34% 3-pts, 60% LF

2 – LeBron James
Bilan : Lakers – 24v-6d – 1er à l’Ouest
Stats : 35 min, 25.8 pts, 7.5 rbds, 10.6 pds, 1.2 int, 0.6 ct, 4 bps, 50% tirs, 36% 3-pts, 68% LF

3 – Luka Doncic
Bilan : Mavericks – 19v-10d – 5e à l’Ouest
Stats : 32 min, 29.3 pts, 9.6 rbds, 8.9 pds, 1.2 int, 0.1 ct, 4.4 bps, 48% tirs, 32% 3-pts, 80% LF

4 – James Harden
Bilan : Rockets – 21v-9d – 3e à l’Ouest
Stats : 38 min, 38.6 pts, 5.8 rbds, 7.4 pds, 1.9 int, 0.7 ct, 4.8 bps, 45% tirs, 37% 3-pts, 88% LF

5 – Anthony Davis
Bilan : Lakers – 24v-6d – 1er à l’Ouest
Stats : 35 min, 27.9 pts, 9.4 rbds, 3.3 pds, 1.4 int, 2.7 ct, 2.4 bps, 50% tirs, 30% 3-pts, 86% LF

Mentions : Jimmy Butler, Pascal Siakam, Jayson Tatum, Kawhi Leonard, Nikola Jokic…



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