Dix moments dans une décennie 



Vous souvenez-vous d’une époque où l’Espagne n’avait jamais été championne du monde et où le Japon n’avait jamais remporté la Coupe du Monde Féminine ? Un monde où Kylian Mbappé et Mallory Pugh n’avaient que 11 ans ?

En une décennie, le football a énormément changé. FIFA.com revient sur dix moments des Coupes du Monde de la FIFA – masculine et féminine – qui ont marqué les dix années écoulées.

Des demi-finales à portée de main

2 juillet 2010, Johannesburg : Uruguay – Ghana (1-1, 4-2 t.a.b.)

En quart de finale face à l’Uruguay, le Ghana est en passe de devenir la première équipe africaine à atteindre le dernier carré mondial. Poussés par le public sud-africain et ses vuvuzelas, les Black Stars ouvrent le score par l’intermédiaire de Sulley Muntari. Diego Forlan égalise et la rencontre part en prolongation. On se dirige vers une séance de tirs au but quand Luis Suarez arrête de la main, sur sa ligne, une frappe ghanéenne. Carton rouge, penalty, c’est la 121ème minute et, c’est sûr, Asamoah Gyan va envoyer le Ghana en demi-finale… Mais le ballon s’écrase sur la transversale. La chance du Ghana est passée, la Celeste s’impose aux tirs au but.

Iniesta sacre l’Espagne

11 juillet 2010, Johannesburg : Pays-Bas – Espagne (0-1 a.p.)

Si les Oranjes ont déjà disputé deux finales en 1974 et 1978, c’est un moment inédit pour la Roja, même si elle est championne d’Europe en titre. La rencontre est indécise, les défenses prennent le dessus sur les attaques. À la 116ème minute, sur un centre de Fernando Torres, le ballon est mal dégagé par la défense néerlandaise. Cesc Fabregas le récupère, il décale Andrés Iniesta. Le joueur du FC Barcelone reprend le ballon en demi-volée et le loge dans le petit filet opposé. Il peut enlever son maillot, l’Espagne est championne du monde pour la première fois de son histoire.

L’éclosion des Nadeshiko

17 juillet 2011, Francfort : Japon – États-Unis (2-2 a.p. 3-1 t.a.b.)

Les Américaines ont remporté deux des trois premières éditions, en 1991 et 1999, mais elles restent sur deux échecs en demi-finales. En Allemagne, la génération mélangeant l’expérience des Abby Wambach, Hope Solo ou Christie Rampone, et la jeunesse d’Alex Morgan, Tobin Heath et Megan Rapinoe atteint cependant la finale. Les USA affrontent des Japonaises qui n’avaient pas dépassé le premier tour depuis 1995, mais qui viennent d’éliminer successivement l’Allemagne et la Suède. L’expérience joue en faveur des Stars and Stripes, qui mènent deux fois au score, grâce à Morgan puis Wambach, en deuxième période puis en prolongation. Mais à chaque fois les Nadeshiko répondent, par Aya Miyama, puis Homare Sawa à la 117ème minute. La séance de tirs au but vire au cauchemar pour les favorites avec les échecs de Shannon Boxx, Carli Lloyd et Heath, alors que Saki Kumagai ne tremble pas et offre le titre mondial au Japon

Du Maracanazo au Mineirazo

8 juillet 2014, Belo Horizonte : Brésil – Allemagne (1-7)

À domicile, le Brésil s’apprête à jouer sa première demi-finale de Coupe du Monde depuis 12 ans. Même sans Neymar, blessé, et Thiago Silva, suspendu, tout le pays n’attend rien d’autre que la qualification. Il a plu des trombes d’eau jusqu’à l’entrée des deux équipes sur le terrain, mais ce n’est rien comparé au déluge qui va s’abattre sur la Seleçao… Après 11 minutes, Thomas Müller ouvre le score, puis viennent les 10 minutes les plus longues de l’histoire du football auriverde. Miroslav Klose, Toni Kroos (deux fois) et Sami Khedira marquent, et les locaux sont menés 5-0 après seulement une demi-heure. André Schürrle y va également de son doublé en deuxième mi-temps, et le but d’Oscar dans les arrêts de jeu n’y change rien : les Brésiliens subissent la plus lourde défaite de leur histoire.

Débutantes et déjà indomptables

8 juin 2015, Vancouver : Cameroun – Équateur : 6-0

Au Canada, les Camerounaises participent à leur première Coupe du Monde Féminine. Pour leur premier match face à l’Équateur, les Lionnes Indomptables vont vivre un rêve. Madeleine Ngono Mani, Gaëlle Enganamouit et la capitaine Christine Manie marquent en première période. Puis Gabrielle Onguéné et deux autres buts d’Enganamouit parachèvent le festival offensif africain. C’est la plus large victoire de l’histoire pour un néophyte en Coupe du Monde Féminine. Le Cameroun chutera ensuite face au Japon, tenant du titre, avant de battre la Suisse pour se qualifier pour les huitièmes de finale, où son manque d’expérience sera puni par la RP Chine (0-1). Mais les Lionnes ont marqué la compétition de leur empreinte.

La revanche américaine

5 juillet 2015, Vancouver : États-Unis vs Japon (5-2)

Comme on se retrouve… Les États-Unis affrontent le Japon en finale de Canada 2015 pour une revanche de la précédente édition. Mais le match se joue en moins de 20 minutes, et quasiment sur le talent d’une seule joueuse. Carli Lloyd coupe d’abord la trajectoire d’un corner, puis double la mise suite à un coup franc. Lauren Holiday porte le score à 3-0, avant le chef d’œuvre du tournoi : Lloyd voit la gardienne japonaise Ayumi Kaihori avancée et frappe depuis le milieu de terrain. Elle inscrit un but sensationnel, un triplé en finale mondiale, et donne quatre buts d’avance à son équipe après seulement 16 minutes. Au final, les Nadeshiko s’inclinent 5-2, les Stars and Stripes remportent un troisième titre. Un record.

Un but qui change un destin

30 juin 2018, Kazan : France – Argentine (4-3)

Difficile de dégager un favori en huitième de finale de Russie 2018 entre les Bleus et l’Albiceleste. Le penalty d’Antoine Griezmann pour une faute sur Kylian Mbappé donne bien un élément de réponse, mais les Argentins reviennent au score sur un bijou d’Angel Di Maria, et prennent même l’avantage sur un but de Gabriel Mercado. Mais Lucas Hernandez déborde sur le côté gauche et centre. Le ballon traverse toute la surface et retombe devant l’autre latéral français, Benjamin Pavard, qui reprend d’une sublime demi-volée. Ce qui sera plus tard élu But du Tournoi relance les Tricolores, avant que le show Mbappé, double buteur , n’offre la qualification aux Français, malgré la réduction de l’écart de Sergio Agüero dans le temps additionnel. Par la suite, ni l’Uruguay, ni la Belgique, ni la Croatie ne parviendront à priver les Bleus d’une deuxième étoile.

Retournement diabolique

2 juillet 2018, Rostov-sur-le-Don : Belgique – Japon (3-2)

Depuis 1970, lorsque l’Allemagne avait battu 3-2 l’Angleterre en quart de finale, aucune équipe n’était parvenue à remonter deux buts dans un match à élimination directe mondialiste. C’est l’exploit que va réaliser la Belgique. Genki Haraguchi et Takashi Inui marquent deux fois après la pause, et les Japonais sont en route pour atteindre les quarts de finale pour la première fois de leur histoire. Mais les Diables Rouges ont du répondant. Jan Vertonghen réduit l’écart de la tête à la 69ème minute, et Marouane Fellaini, dans le même exercice, égalise cinq minutes plus tard. À la 94ème minute, le Japon obtient le corner de la dernière chance pour se qualifier. Mais Thibaut Courtois le bloque et lance une contre-attaque d’école conclue par Nacer Chadli. Les Belges ont retourné la situation et se qualifient pour les quarts. Ils battront le Brésil avant de perdre contre la France en demi-finale puis d’aller chercher la première médaille de bronze de leur histoire.

Le match de tous les records

11 juin 2019, Reims : États-Unis – Thaïlande (13-0)

Les Américaines débarquent en France avec l’intention de conserver leur titre mondial. Pour leur premier match, elles affrontent la modeste Thaïlande. Les Asiatiques résisteront tant bien que mal en ne concédant « que » trois buts en première mi-temps, mais iront chercher dix fois de plus le ballon dans leurs filets en seconde période. Lindsey Horan, Megan Rapinoe, Mallory Pugh, Carli Lloyd, Rose Lavelle (2) et Samantha Mewis (2) marquent, mais la performance du jour est pour Alex Morgan. Elle inscrit cinq buts, égalant le record de Michelle Akers face à Chinese Taipei en 1991. Ce match est aussi la plus large victoire de l’histoire du tournoi, la rencontre la plus prolifique, et celle avec le plus de buteuses différentes. Cette entrée en matière lance parfaitement la compétition des Américaines qui réussiront un sans-faute et deviendront quadruples championnes du monde.

Passage de témoin

25 juin 2019, Rennes : Pays-Bas – Japon (2-1)

Les Néerlandaises ne jouent que la deuxième Coupe du Monde Féminine de leur histoire, mais elles font déjà partie des favorites après avoir remporté l’UEFA EURO Féminin 2017. En huitième de finale, elles affrontent les Japonaises qui restent sur deux finales mondiales consécutives. Lieke Martens ouvre le score d’une talonnade à la 17ème minute, mais Yui Hasegawa égalise avant la mi-temps après une magnifique action collective. Les Nadeshiko ont l’occasion de tuer le match à plusieurs reprises, mais la barre transversale et une Sari van Veenendaal de gala sauvent les Néerlandaises. Alors que le match se dirige vers la prolongation, Saki Kumagai commet une main dans la surface. Martens ne tremble pas et délivre son équipe. Les Japonaises ne verront pas de nouvelle finale, remplacées par les Néerlandaises qui tiendront longtemps tête aux Américaines avant de s’incliner. Mais aussi peut-être de poser les bases d’un avenir radieux.





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