A quoi servent les ex-présidents ?


Le 30 septembre 2019, ils étaient tous là sous la nef de l’église Saint-Sulpice : un président en exercice, Emmanuel Macron, et trois ex-présidents, Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande, venus rendre un dernier hommage au grand disparu Jacques Chirac. Du jamais-vu. Pendant l’office célébré par l’archevêque de Paris, les quatre membres du club le plus sélect de France sont restés impassibles voire impénétrables. Et pourtant, que de troublantes pensées ont dû les assaillir… En écoutant le si romantique « Impromptu » de Schubert, interprété par Daniel Barenboim, ces lointains successeurs de Louis-Napoléon Bonaparte ont-ils songé un instant à la trace qu’ils laisseront dans l’Histoire ? Se sont-ils demandé si leur disparition serait saluée par une journée de deuil national ? Et si la foule se presserait aux Invalides pour une émouvante communion populaire…

En tout cas, il ne leur a pas échappé que Jacques Chirac, le président qui « aimait les Français » et qui a fait entendre « la voix de la France » en disant non à la guerre en Irak ou en alertant l’opinion internationale sur « notre maison qui brûle », a été célébré comme « le dernier des grands chefs d’Etat ». Un rude défi pour ses successeurs…

L’héritage de la monarchie

La nostalgie de « l’ancien monde » a atteint des sommets. « Ce que les Français pensent de Jacques Chirac est exactement l’inverse de ce qu’ils pensent de l’actuel président », persifle Jean-Luc Barré, auteur des Mémoires et dernier biog

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nouvelobs

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