Le nouveau président algérien contesté par la rue



ALGER (Reuters) – Des dizaines de milliers d’Algériens ont manifesté vendredi pour protester contre l’accession à la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, investi la veille, et afficher leur volonté de poursuivre leur mouvement de contestation entamé en février.

L’ex-ministre, qui est âgé de 74 ans, a remporté 58,15% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle du 12 décembre, avec un taux de participation de 40%, selon les résultats officiels. Il a tendu la main aux partisans du mouvement de contestation, le « Hirak », leur proposant un « dialogue sérieux » et promettant d' »ouvrir une nouvelle page » dans l’histoire de l’Algérie.

Certaines figures du « Hirak » ont répondu positivement à son appel, mais les manifestants rencontrés à Alger ou dans d’autres villes refusent de discuter avec un homme qu’ils considèrent comme une marionnette de la « vieille garde » au pouvoir.

« Tebboune n’est pas notre président » ou « Nous continuerons à protester », pouvait-on lire sur les banderoles déployées vendredi par les manifestants dans les rues de la capitale, sous l’étroite surveillance des forces de l’ordre. A Oran, dans l’ouest du pays, d’autres brandissaient des pancartes « Police = traîtres ».

Les manifestations se succèdent depuis février en Algérie pour réclamer le départ de l’ensemble de l’élite au pouvoir au profit d’une nouvelle génération.

Le mouvement a conduit en avril dernier à la démission du président Abdelaziz Bouteflika, alors qu’il s’apprêtait à briguer un cinquième mandat.

(Lamine Chikhi, version française Jean-Stéphane Brosse)



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