Age pivot, régimes spéciaux: les annonces d’Edouard Philippe



Edouard Philippe s’est exprimé à l’issu d’une réunion multilatérale avec les syndicats ce jeudi 19 décembre 2019, saluant des « avancées concrètes » dans les négociations pour la réforme des retraites. 

« Il me semble que nous pouvons trouver un accord avec les organisations qui soutiennent la mise en place d’un système universel » a estimé le Premier ministre, reconnaissant toutefois des « désaccords réels sur la méthode et la façon d’y parvenir ». 

Le locataire de Matignon s’est notamment dit prêt à discuter sur quatre points: la pénibilité, le minimum contributif, et la transition vers la fin de carrière, notamment pour les fonctionnaires, mais est resté ferme sur l’objectif du gouvernement qui « ne reviendra pas sur la suppression des régimes spéciaux ».

Régimes spéciaux

Ils seront bien supprimés à déclaré le Premier ministre, ouvrant toutefois la voie à quelques aménagements. 

Pour les agents de la SNCF, « le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de mise en œuvre de la réforme et le respect des droits acquis » a indiqué Edouard Philippe. Pour les agents de la RATP, il a évoqué des « des avancées importantes sur la table », avant de rappeler chacun « à ses responsabilités » pour permettre aux millions de Français de « rentrer dans leurs familles en cette fin d’année ».

Le Premier ministre a enfin aussi évoqué le cas des industries électriques et gazières, ainsi que les marins. 

Concernant les fonctionnaires, Edouard Philippe « souscrit totalement » à l’extension aux fonctionnaires du dispositif de retraite progressive existant dans le privé, a annoncé jeudi le Premier ministre.

« Plusieurs organisations syndicales ont demandé l’ouverture de la retraite progressive à la fonction publique, en particulier aux enseignants et aux personnels hospitaliers, idée à laquelle je souscris totalement », a déclaré le chef du gouvernement, précisant qu’une concertation à ce sujet débutera en janvier « pour aboutir rapidement ».

Equilibre financier

Concernant l’équilibre financier du système de retraites, « priorité du gouvernement », il est impératif qu’au moment où les parlementaires voteront la loi, et je l’espère avant l’été, nous ayons fixé un cadre lisible », a prévenu Edouard Philippe. « Ni le président de la République, ni moi ni aucun membre du gouvernement ne voulons annoncer les bonnes nouvelles en renvoyant à plus tard les additions » a-t-il ajouté.

« La préoccupation d’équilibre financier est largement partagée par de nombreux partenaires sociaux même si les approches peuvent être différentes, j’ai écouté et entendu les critiques », a ajouté le Premier ministre. « Dès les premiers jours de janvier, nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai mi-janvier une méthode qui nous permettra soit d’atteindre un accord qui pourrait « se substituer à la solution proposée, soit d’améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats ».

Age d’équilibre

Décriée par les syndicats réformateurs, au premier rang desquels la CDFT, l’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans, assorti d’un système de bonus malus, est un « choix juste », a défendu Edouard Philippe, mais « ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait que l’âge d’équilibre. Il y a des marges de manoeuvre, elles ne sont pas immenses mais elles existent ».

« Il me semble que nous pouvons tomber d’accord avec les organisations qui soutiennent la mise en place du système universel (…) mais qu’il reste des désaccords réels sur la méthode et la façon d’y parvenir ».

Tout en réaffirmant qu’il ne souhaitait pas une « baisse des pensions » ou une « hausse du coût du travail » par une augmentation des cotisations, le chef du gouvernement a ajouté: « Ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait que l’âge d’équilibre », qu’il souhaite introduire dès 2022 comme mesure budgétaire. « Il y a des marges de manoeuvre, elles ne sont pas immenses, nous le savons tous, mais elles existent: je propose et je redis ma proposition aux organisations syndicales d’en discuter » en janvier, a-t-il ajouté.

Pénibilité

Matignon a également promis une meilleure prise en compte de la pénibilité dans la réforme, et annoncé une baisse des seuils du travail de nuit, permettant à plus de salariés de bénéficier des mesures de pénibilité.

Quant au minimum de pension, Edouard Philippe a proposé de l’augmenter au-delà de 85% du smic pour les carrières complètes.

Poursuite des travaux en janvier

Enfin, Edouard Philippe a annoncé jeudi qu’il réunirait à nouveau les partenaires sociaux dans « les premiers jours de janvier » pour discuter du projet de réforme des retraites.

« Dès les premiers jours de janvier avec le secrétaire d’État (Laurent Pietraszewski), nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai, mi-janvier, une méthode qui nous permettra soit d’atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution que j’ai proposée, soit, à tout le moins, d’améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats », a-t-il déclaré à propos de l’objectif d’équilibre financier proposé par le gouvernement.

Matignon espère un vote de la loi au Parlement avant l’été. 

(Avec AFP et Reuters)



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