La Chambre prête à voter la mise en accusation de Donald Trump



par Susan Cornwell et Arshad Mohammed

WASHINGTON (Reuters) – Sauf énorme surprise, Donald Trump rejoindra cette semaine Andrew Johnson et Bill Clinton sur la courte liste des présidents des Etats-Unis mis en accusation (« impeached ») par la Chambre des représentants, qui l’accuse d’abus de pouvoir et d’entrave dans l’affaire ukrainienne.

Le vote de la chambre basse du Congrès réunie en séance plénière aura lieu sans doute mercredi. Seule la majorité simple est requise pour valider cette mise en accusation du président, déjà approuvée vendredi par la commission des Affaires judiciaires de la Chambre.

L’état-major du Parti démocrate, qui dispose d’une majorité de 36 voix à la Chambre, table sur un vote en faveur de l' »impeachment », même s’il n’exclut pas quelques défections de la part d’élus menacés de perdre leur siège dans les circonscriptions favorables à Trump lors du renouvellement du Congrès en 2020, qui aura lieu en même temps que la présidentielle.

Les démocrates accusent Donald Trump d’avoir cherché à faire pression sur le président ukrainien, Volodimir Zelenski, afin que Kiev ouvre une enquête sur les activités en Ukraine du fils de Joe Biden, son potentiel adversaire démocrate lors de la présidentielle de novembre 2020.

Ils lui reprochent aussi d’avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers mais aussi via des tentatives vaines d’empêcher d’autres dépositions et d’intimider des témoins.

Le vote de l’impeachment ouvrira la voie à un procès du président devant le Sénat, où les républicains, majoritaires avec 53 sénateurs, pourront faire obstacle à la procédure, d’autant qu’une majorité qualifiée des deux tiers y est nécessaire pour destituer un président.

Il faudrait en effet que 20 d’entre eux joignent leur voix à celles des 45 sénateurs démocrates et des deux indépendants pour que Trump soit évincé de la Maison blanche.

TRUMP DÉNONCE UNE « IMPOSTURE »

Les modalités du procès, qui sera présidé par le chef de la Cour suprême John Roberts, seront fixées par les chefs de la majorité républicaine et de la minorité démocrate au Sénat, Mitch McConnell et Chuck Schumer.

Le conseiller juridique de Donald Trump, Pat Cipollone, devrait jouer un rôle clé dans la défense du président. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, n’a pas encore choisi ceux qui feront office de procureurs devant la chambre haute.

Par deux fois dans l’histoire américaine, la Chambre des représentants s’est prononcée en faveur de l’impeachment d’un président – Andrew Johnson après la Guerre de sécession et Bill Clinton en 1998 – mais, dans les deux cas, le Sénat ne l’a pas reconnu coupable.

Richard Nixon a pour sa part démissionné en 1974, en plein scandale du « Watergate », avant le vote en séance plénière à la Chambre des représentants.

Face à l’affaire ukrainienne, Donald Trump nie toute malversation et dénonce un « canular » et une « imposture ».

Lors des audiences en commissions qui se sont tenues dans le cadre de l’enquête préalable à l' »impeachment », les démocrates ont accusé le président d’avoir mis en danger la Constitution, sapé la sécurité nationale et remis en cause l’intégrité du scrutin du 3 novembre 2020.

Les républicains continuent de défendre Donald Trump et accusent les démocrates de ne pas avoir digéré la défaite de Hillary Clinton contre le milliardaire new-yorkais en 2016.

(version française Henri-Pierre André)



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