Boeing se résout à suspendre la production du 737 MAX, interdit de vol



Le constructeur aéronautique Boeing s’est résolu lundi à suspendre, à partir de janvier, la production de son avion vedette, le 737 MAX, faute d’avoir obtenu l’aval des autorités aériennes pour le faire revoler, après deux accidents qui ont fait 346 morts en quelques mois.

L’avionneur américain dit avoir évalué « continuellement » ses plans de production en cas d’immobilisation prolongée du MAX.

« A la suite de cette évaluation continue, nous avons décidé de donner la priorité à la livraison des avions stockés et de suspendre temporairement la production du programme 737 à partir du mois prochain », a-t-il indiqué dans un communiqué.

A ce stade, il ne prévoit pas de suppressions d’emplois mais cette décision risque de perturber grandement ses sous-traitants.

« Nous pensons que cette décision perturbe le moins le maintien du système de production à long terme et la santé de la chaîne d’approvisionnement », a néanmoins commenté Boeing, qui contribue grandement à l’économie américaine.

Cette décision, prise au cours d’une réunion lundi, est motivée par un certain nombre de facteurs, a de plus expliqué l’avionneur, notamment l’incertitude concernant le calendrier et les conditions de remise en service de l’appareil ainsi que les approbations relatives à la formation des pilotes à l’échelle mondiale.

« Nous continuerons d’évaluer nos progrès en vue de la remise en service (du MAX) et de prendre des décisions quant à la reprise de la production et des livraisons en conséquence », poursuit Boeing.

– Sécurité –

Il rappelle que sa priorité première reste la sécurité.

Boeing avait indiqué en octobre qu’il réfléchissait à suspendre ou à réduire la production du 737 MAX alors que les exemplaires s’accumulent dans son usine américaine de Renton, près de Seattle.

Bien que son avion vedette soit interdit de vol depuis neuf mois à la suite de deux accidents, l’avionneur américain avait poursuivi jusqu’alors sa production.

Après l’immobilisation de toute la flotte, Boeing avait décidé de réduire les cadences de production pour les faire passer de 52 à 42 appareils par mois.

« Nous continuons de travailler étroitement avec la FAA (le régulateur américain, ndlr) et les régulateurs du monde entier pour sa remise en service en sécurité », avait indiqué à l’AFP dimanche soir un porte-parole après des spéculations dans la presse.

« Nous continuerons d’évaluer les décisions relatives à la production en fonction du moment et des conditions de remise en service, lesquels seront fondés sur les approbations réglementaires et pourront varier selon la juridiction », avait-il ajouté.

Aucune date de remise en service n’est pour l’heure avancée.

Et le régulateur américain, la FAA, qui a été vertement critiqué dans le processus de certification, martèle qu’il ne donnera pas son assentiment avant d’être assuré que les correctifs apportés à l’appareil assurent une sécurité maximale.

La décision de clouer au sol les 737 MAX avait été prise par les autorités du monde entier après l’accident d’un exemplaire de la compagnie Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts le 10 mars dernier.

Cette tragédie était survenue moins de cinq mois après l’accident meurtrier d’un 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air, fin octobre 2018, qui avait tué 189 personnes dans des conditions similaires.

Dans les deux catastrophes, le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause.

L’action de Boeing a perdu 4,3% lundi en séance officielle.



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