« Si j’ai touché une rémunération, c’est pour un travail concret »


Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, dans la tourmente depuis des révélations sur sa déclaration d’intérêts, a assuré vendredi 13 décembre avoir « pensé » à démissionner et s’est dit prêt, s’il devenait « un sujet de fragilité », à en tirer « les conséquences », dans un entretien à « Libération ».

« Ce n’est pas à moi de juger, mais si j’estimais à un moment que je suis devenu un sujet de fragilité, j’en tirerais les conséquences car […] le projet est plus important que la personne », a déclaré le haut-commissaire, interrogé sur les rémunérations polémiques perçues au titre de ses activités au sein du groupe de formation IGS malgré son entrée au gouvernement en septembre.

« Il y a des amalgames curieux »

« Si j’ai touché une rémunération, c’est pour un travail concret dont je suis fier », a fait valoir Jean-Paul Delevoye, qui a démissionné mardi de ses fonctions liées au groupe IGS, notamment celle de président du think thank Parallaxe qui, selon sa déclaration d’intérêts publiée sur le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (HATVP), lui valait une rémunération mensuelle de 5 368,38 euros net.

« Je l’ai conservée quand j’ai été nommé haut-commissaire, donc haut fonctionnaire, puis quand je suis devenu membre du gouvernement, ce qui, je l’ai appris depuis, n’était pas autorisé », a expliqué Jean-Paul Delevoye. « Je reconnais sans problème cette erreur et j’ai remboursé les sommes », a-t-il ajouté.

Le chemin de croix de Jean-Paul Delevoye, le Monsieur Retraite du gouvernement

« Je mesure tout à fait la perte de crédit, qui d’ailleurs est douloureuse à vivre », a insisté le haut-commissaire, assurant avoir « pensé » à démissionner pour ne pas être « une source de fragilisation de la réforme ».

Mais « il y a des amalgames curieux, lorsqu’on essaie de me faire passer pour un défenseur des assureurs », a toutefois estimé Jean-PaulDelevoye, accusé de conflit d’intérêts avec le milieu des assurances pour avoir été administrateur bénévole d’un institut de formation du secteur, l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance). Un poste occupé depuis 2016 mais qu’il n’avait pas déclaré, comme l’a révélé « le Parisien » lundi.





nouvelobs

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