Elections au Royaume-Uni : les résultats


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13.12.2019

Léo Lictevout

Le Premier ministre conservateur Boris Johnson a remporté haut la main le scrutin du 12 décembre. Le Brexit devrait bien avoir lieu le 31 janvier.

Les bureaux de votes étaient ouverts de 7 heures hier matin (8 heures en France) à 22 heures (23 heures en France). Quinze heures donc, pour mettre un terme au suspense qui pesait sur l’avenir du Royaume-Uni, hors ou dans l’Union européenne. Et ce depuis la décision du Premier ministre Boris Johnson, le 29 octobre dernier, de convoquer de nouvelles élections. Contraint par les députés à réclamer un report du Brexit au 31 janvier 2020, Boris Johnson comptait sur ce scrutin pour regagner une majorité conservatrice, et faire accepter son deal.

Son parti a longtemps distancé ses adversaires dans les sondages, les dernières estimations ne le plaçaient plus qu’à 5 % d’écart de son principal rival, le parti travailliste de Jeremy Corbyn, favorable à un second référendum. Et lors des précédentes élections anticipées en 2017, la remontée du Labour (+15 % d’intentions de votes en moins de deux mois) avait alors coûté à Theresa May, alors Première ministre, sa majorité absolue.

Plébiscite conservateur

Au vu des résultats partiels dévoilés cette nuit, il est déjà possible d’affirmer que Boris Johnson a inversé la tendance : malgré une participation en faible baisse (67,2 % de suffrages exprimés, contre 69 % en 2017), le parti conservateur emporterait en effet 363 circonscriptions, soit 65 de plus qu’avant le scrutin, dépassant ainsi de loin le seuil de la majorité absolue (325 députés). Il s’agit de son meilleur score depuis 1987, où le parti alors mené par Margaret Thatcher avait obtenu 376 sièges. Le résultat d’hier est donc un plébiscite pour l’ancien maire de Londres, chef du gouvernement depuis moins de cinq mois.

Victorieux dans le sud de l’Angleterre, les Tories sont arrivés en tête dans plusieurs des circonscriptions travaillistes qu’ils convoitaient, dans les régions de Newcastle, Manchester, du Pays de Galles et du nord-ouest de l’Angleterre. Ces circonscriptions avaient voté en majorité en faveur du Brexit lors du référendum de 2016.

Il devrait ainsi pouvoir faire approuver son accord de Brexit. Le Premier ministre prévoit ainsi un vote des députés sur le texte « avant Noël », afin de s’assurer de la sortie de son pays de l’Union européenne au 31 janvier 2020. Il souhaite ensuite négocier un accord de libre-échange avec celle ci, sans droits de douane ni quotas.

Le Labour s’effondre, percée nationaliste en Ecosse

C’est en revanche un camouflet sans précédent pour le parti travailliste. Le Labour, qui espérait voir sa récente remontée dans les sondages se traduire dans les urnes, réalise son plus mauvais score depuis 1935. Avec 203 sièges, il perd 40 députés à la Chambre des communes, et 59 sièges par rapport au précédent scrutin (il avait déjà perdu 19 députés entre l’élection de 2017 et la dissolution du parlement le mois dernier). Le leader du parti, Jeremy Corbyn, voit sa position remise en cause par plusieurs cadres travaillistes, et a annoncé qu’il ne mènerait pas le parti aux prochaines élections.

Autre score notable : celui du SNP, le parti national écossais, qui totalise quant à lui 48 sièges, soit 13 de plus qu’au cours de la précédente mandature. Il remporte ainsi la majorité des 59 circonscriptions d’Ecosse, ravissant des sièges aux conservateurs, aux travaillistes, et même à la cheffe de file des Libéraux-démocrates, Jo Swinson. Un appel du peuple écossais, selon les dirigeants du parti, en faveur d’un second référendum d’indépendance, point central de leur programme.

Cette élection marque enfin un nouveau record dans le nombre de femmes élues à la Chambre des communes, en hausse ininterrompue depuis 2001.

L’assemblée devrait se réunir mardi 17 décembre pour prêter serment, avant d’assister au discours d’ouverture de la reine jeudi 19 décembre. Et de voter, avant Noël, l’accord du Premier ministre.



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