Brexit : tout comprendre – Brexit – Toute l’Europe


Synthèse


13.12.2019

[DOSSIER SPÉCIAL] En 2016, une majorité de citoyens britanniques a voté pour sortir de l’Union européenne. Trois ans plus tard, le « Brexit » tarde à être mis en œuvre. Initialement prévu le 29 mars 2019, il a été repoussé  à trois reprises jusqu’au 31 janvier 2020.

Le 17 octobre 2019, Londres et Bruxelles se sont entendus sur une nouvelle version de l’accord initialement trouvé en novembre 2018. Mais le Premier ministre Boris Johnson, peinant à la faire ratifier par les députés britanniques, a convoqué de nouvelles élections pour le 12 décembre 2019. Remportant une majorité des sièges, il devrait dès lors pouvoir faire ratifier l’accord par la Chambre des communes.

Dans ce dossier spécial, Toute l’Europe fait le point sur les derniers rebondissements et les scénarios envisageables.


Pour bien comprendre


Qu'est-ce que le Brexit ?

Le 23 juin 2016, 51,9% des Britanniques ont choisi de quitter l’UE.

A la suite du déclenchement de l’article 50 du traité sur l’Union européenne le 29 mars 2017, le Royaume-Uni et les 27 autres pays membres de l’Union européenne s’étaient donné deux ans pour préparer la sortie effective du pays. Trois ans plus tard, quel est le résumé de la situation ?

 

Événement majeur de l’année 2016, la décision du Royaume-Uni a bousculé la vie politique du pays et de l’Europe.

Toute l’Europe vous propose une chronologie des événements clés qui animent l’actualité depuis le 23 juin 2016.

 

Que prévoit l’accord de sortie renégocié par Boris Johnson et l’UE en octobre 2019 ?

Le « backstop » de Theresa May a été supprimé, mais la libre circulation sera préservée entre les deux Irlande. Pour les résidents, la période de transition ou la « facture » britannique, rien n’a changé par rapport au premier accord.

 

Depuis l’annonce de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le pays doit faire face à de multiples inquiétudes.

En tête des préoccupations : la situation délicate sur l’île d’Irlande. Le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord (territoire britannique) et la République d’Irlande (pays membre de l’UE) pourrait menacer l’équilibre trouvé dans cette région en 1998, après 30 années de guerre civile.

Irlande du Nord : les craintes d’un regain de violence sur fond de Brexit

 


Pour en savoir plus


Vous commercez avec le Royaume-Uni, vous habitez outre-Manche, vous avez prévu un voyage à Londres ou un séjour Erasmus l’an prochain, vous craignez de perdre votre emploi après le Brexit… ?

Toute l’Europe fait le point et recense les fiches officielles d’information vous concernant.

 

Commerce, pêche, transports, agriculture, finance : l’ensemble de l’économie française serait fortement touché par un Brexit sans accord.

L’ensemble des territoires français sont concernés, mais les régions situées sur le pourtour de la Manche – Hauts-de-France, Normandie et Bretagne – sont logiquement en première ligne.

 

Né en 1951, le Français Michel Barnier est négociateur en chef de la Commission chargé de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni, suite au référendum sur le Brexit du 23 juin 2016.

Il a pour mission, depuis le 1er octobre de la même année, d’aider à « mettre en place un partenariat nouveau avec le Royaume-Uni après son retrait de l’Union ».

 

La victoire du « Leave » au référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, le 23 juin 2016, a ébranlé l’équilibre politique et institutionnel du pays.

Trois ans plus tard, le gouvernement britannique est parvenu à un nouvel accord de retrait avec l’Union, qui reste à valider. Dans le cas contraire, les nations constitutives pro-européennes seraient-elles prêtes à menacer l’unité du Royaume ?

 

En mai, le pays a dû élire 73 députés européens pour une durée limitée.

Mais après leur départ, que deviendra le Parlement européen ?

 

 


Les derniers rebondissements


Le scrutin réclamé par Boris Johnson a vu l’effondrement des travaillistes et la division des partis européistes. Il a permis aux conservateurs de remporter une très large majorité absolue.

Avec 364 sièges sur 650, le parti du Premier ministre dispose désormais d’une marge de manoeuvre suffisante pour pouvoir exécuter les plans de son leader : ratifier l’accord de sortie avant Noël, et conclure le Brexit prévu le 31 janvier 2020.

13/12 : Elections au Royaume-Uni : les résultats

11/12 : Elections au Royaume-Uni : quel Brexit pour quels candidats ?

 

A Westminster, la proposition de Boris Johnson d’organiser des élections générales a remporté une victoire écrasante le 29 octobre.

Si le Premier ministre britannique espère regagner une majorité après le scrutin, prévu le 12 décembre, l’incertitude demeure sur l’avenir de la saga du Brexit.

4/11 : Le Brexit au cœur de la campagne

25/10 : Boris Johnson appelle à de nouvelles élections avant Noël

 

Lundi 28 octobre, les Vingt-Sept ont accédé à la demande de Boris Johnson de reporter une nouvelle fois le Brexit.

La sortie du Royaume-Uni est maintenant fixée au 31 janvier 2020 au plus tard.

 

 

La Chambre des communes, lors du premier débat sur l'accord de retrait de Boris Johnson, samedi 19 octobre - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

Le 22 octobre, Boris Johnson remporte un premier vote de principe sur son nouvel accord de Brexit. Mais il subit également un revers concernant son calendrier.

Par conséquent, les Européens commencent à se pencher sur l’octroi d’un nouveau report du Brexit. Une requête formulée à contre-cœur par le Premier ministre britannique le 19 octobre.

19/10 : Boris Johnson demande un report à contrecœur, et maintenant ?

18/10 : Le nouvel accord suspendu au vote des députés britanniques

 

Conseil européen du 17 octobre 2019 - Crédits : Conseil européen

Le 17 octobre, un nouvel accord de sortie est trouvé entre le gouvernement britannique et ses partenaires européens. 

Formellement validé dans la journée par les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles, il supprime le dispositif de « territoire douanier unique » prévu dans l’accord précédent de novembre 2018, tout en préservant la libre circulation entre les deux Irlande.

17/10 : les dirigeants européens valident le nouvel accord de sortie

02/10 : Boris Johnson propose un accord de la dernière chance

 

Le mois de septembre 2019 est marqué par une guerre éclair entre le gouvernement et le Parlement britannique. Boris Johnson annonce une suspension des travaux parlementaires entre le 10 septembre et le 14 octobre. Le 4 septembre, les députés adoptent alors une loi « anti no deal« , au grand dam du Premier ministre.  

Cette loi impose au gouvernement britannique de demander aux Européens un nouveau report du Brexit dans le cas où aucun accord de sortie n’aurait été validé par la Chambre des communes à la date du 19 octobre.

Quelques jours plus tard, la Cour suprême du Royaume-Uni annule la suspension du Parlement, qui reprend ses travaux dans une ambiance agitée le 25 septembre.

26/9 : Parlement « zombie » et menaces de mort : la rentrée houleuse des députés britanniques

25/9 : Le Parlement britannique reprend ses travaux, après la décision de la Cour suprême

12/9 : « l’Opération Yellowhammer » révèle un scénario inquiétant en cas de no deal

10/9 : Le Parlement britannique suspendu après deux nouvelles défaites pour Boris Johnson

28/8 : Boris Johnson va suspendre le Parlement hostile au « no deal »

 

Boris Johnson

Avec une large avance sur son concurrent Jeremy Hunt, Boris Johnson est choisi, le 23 juillet, comme remplaçant de Theresa May au poste de Premier ministre.

Farouche partisan du Brexit et figure clivante dans son pays et en Europe, il lui incombe de mener la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne à son terme. Si aucun « deal » n’est trouvé d’ici au 31 octobre, il se dit prêt à faire sortir son pays sans accord.

Découvrez sa biographie.

22/8 : Malgré des rencontres entre Londres, Paris et Berlin, le no deal se profile

19/8 : Les pénuries n’effraient pas le gouvernement britannique

 


Du premier accord à la démission de Theresa May


 

La Première ministre officialise son départ du 10 Downing Street le 7 juin 2019, ouvrant le processus de succession au sein du Parti conservateur.

Le 20 juin, les Tories désignent les deux finalistes : l’ancien maire de Londres et farouche Brexiter Boris Johnson et le ministre des Affaires étrangères également pro-Brexit Jeremy hunt.

26 juin : Boris Johnson précise (un peu) ses intentions pour le Brexit

19 juillet : Brexit : les députés britanniques réaffirment leur opposition au « no deal » de Boris Johnson

 

Réunis à Bruxelles pour un sommet extraordinaire, les dirigeants européens ont à nouveau accepté de reporter la date du Brexit, cette fois au 31 octobre 2019.

Un délai suffisant pour éviter une sortie sans accord ?

11/4 : Le Brexit reporté « jusqu’à Halloween »

23/4 : Irlande du Nord : les craintes d’un regain de violence sur fond de Brexit

 

Theresa May à la Chambre des communes, avant le vote - crédits : Parliament TV (capture d'écran)

Bien qu’elle ait cette fois promis de démissionner si l’accord de sortie de l’UE était enfin validé, Theresa May n’a de nouveau pas obtenu, vendredi 29 mars, le soutien de la Chambre des communes.

1/4 : Nouveau rejet de toutes les alternatives à l’accord de sortie

2/4 : Theresa May demande un nouveau report et tend la main au Labour

 

Les parlementaires dans la Chambre des communes - crédits : Parlement britannique (capture d'écran)

Au cours d’une nouvelle soirée chaotique à Londres, mercredi 27 mars, les députés britanniques ont échoué à proposer une solution alternative à l’accord de sortie négocié à Bruxelles par Theresa May.

Union douanière permanente, second référendum voire annulation du Brexit : aucune proposition n’a permis de dégager de majorité à la Chambre des communes. La Première ministre prône toujours la validation de son deal, à laquelle elle conditionne sa démission.

28/3 : Theresa May propose de démissionner pour faire valider son accord de sortie

 

Les dirigeants européens accordent à Theresa May un délai jusqu’au 12 avril.

Les parlementaires britanniques vont dès lors devoir se prononcer une troisième fois sur l’accord de retrait. En cas de vote positif, le Brexit serait repoussé au 22 mai pour des raisons techniques. Dans le cas contraire, seul un report long, avec participation du Royaume-Uni au scrutin européen, pourrait éviter le no deal.

19/3 : Court ou long, ce qu’impliquerait un report du Brexit

14/3 : le Parlement accepte que Theresa May demande un report du Brexit

 

Par 391 voix contre 242, les députés britanniques ont à nouveau rejeté l’accord de sortie de l’Union européenne.

En conséquence, Theresa May a annoncé la tenue d’un vote sur une sortie sans accord le lendemain. Puis, si ce dernier est négatif, d’un autre vote le jeudi, cette fois sur le report du Brexit au-delà du 29 mars.

13/3 : un report du Brexit après le rejet d’un « no deal » par le parlement britannique ?

14/3 : ni deal, ni no deal, la presse parle d’effondrement, de précipice et de chaos…

 

Le Parlement britannique rejette massivement l'accord de sortie

Les députés britanniques ont voté contre l’accord de retrait de l’Union européenne, dévoilé en novembre 2018.

Les députés de l’opposition, mais également 118 conservateurs et unionistes nord-irlandais se sont ainsi opposés à la stratégie de Theresa May.

16/1 : L’Europe en territoire inconnu après le rejet de l’accord

21/1 : Theresa May n’a pas de plan B

L’accord de sortie n°1 (May/UE) en 8 points clés

 

 



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