des dirigeants de clubs sportifs pas toujours réactifs face aux cas d’abus sexuels



Au cours d’une enquête sur les abus sexuels dans les clubs de sport, « Envoyé spécial », avec le média d’investigation Disclose, a recensé 276 victimes sur le territoire français. Parmi elles, ils ont recueilli le témoignage de Chloé. De 13 à 15 ans, la jeune fille a fait partie des espoirs de la natation tricolore. Elle dit avoir été victime d’attouchements de la part d’un maître-nageur et a fini par quitter son club de Clamart parce qu’elle n’aurait reçu aucune aide des dirigeants.

« C’était trois années de franchissement de limites permanent », commence la jeune fille. Elle dit avoir tenté d’en parler autour d’elle, dans l’enceinte du club. « Mais souvent, je me prenais des murs, raconte-t-elle. Ça ne sert à rien, il n’y a personne qui comprend, il n’y a personne qui voit. » 

Les dirigeants du club de natation auraient pourtant été alertés du comportement de ce maître-nageur en 2012 et en 2014. Mais ces signalements n’ont eu aucun effet, affirme Chloé. « Je n’ai rien eu de la part des dirigeants. Aucune question, aucun acte. Strictement rien n’a changé. C’est comme s’ils avaient été au courant et avaient tout étouffé d’un coup », ajoute-t-elle. L’adolescente quittera finalement son club.

Pourquoi la ministre des Sports n’ouvre-t-elle pas une enquête administrative ?

Chloé a porté plainte en 2017, après qu’une autre plainte (pour harcèlement moral) a été déposée contre l’entraîneur. Celui-ci a alors été mis en examen pour agression sexuelle. L’avocat des parties civiles a adressé un courrier à la ministre des Sports pour dénoncer l’inaction des dirigeants du CSM Clamart et réclamer l’ouverture d’une enquête administrative, en plus de l’enquête judiciaire.

Dans les brochures ministérielles à destination des clubs et des ligues sportifs, l’enquête administrative est présentée comme un levier pour aider à la manifestation de la vérité. Il se trouve en outre que la ministre, ex-championne de natation, connaît bien le CSM Clamart – elle en est même licenciée. Pourquoi n’a-t-elle pas déclenché l’ouverture de cette enquête ? Interrogée par les journalistes d' »Envoyé spécial », Roxana Maracineanu dit faire confiance aux dirigeants du club, et promet, « si d’autres faits sont portés à [s]a connaissance, [d’agir] en conséquence ».

Extrait de « Pédophilie dans le sport, l’omerta », une enquête de Wandrille Lanos, Daphné Gastaldi et Mathieu Martinière avec Disclose, à voir dans « Envoyé spécial » le 12 décembre 2019. 

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francetvinfo

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