La réforme des retraites concernerait la génération 1975



L’exécutif envisage de décaler d’au moins dix ans la première génération concernée par la réforme des retraites, selon un article du quotidien Les Echos publié mardi 10 décembre au matin. Intialement prévue pour la génération 1963, qui aura 62 ans en 2025, la réforme concernerait finalement plutôt les générations de 1973, voire 1975. L’exécutif a déjà indiqué qu’il serait difficile de prendre des mesures applicables en 2020 ou 2021. Le premier ministre Edouard Philippe a ainsi déclaré, lors d’une conférence de presse vendredi 6 décembre, que les transistions seraient « progressives », et qu’il n’entrerait pas « dans une logique de confrontation. »

Retarder la réforme

Les cheminots de l’Unsa et de la CFDT demandent une mise en oeuvre pour les seuls nouveaux entrants à la SNCF. Une « clause du grand-père » jugée « impossible » par M. Delevoye par souci d' »équité » envers les autres professions. « Entre ces deux extrêmes, on doit pouvoir trouver le bon curseur », veut croire le Premier ministre, Édouard Philippe.

Lundi, M. Delevoye a esquissé un scénario en deux temps : « les jeunes générations pourraient commencer à s’affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu’une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l’intégration progressive » dans ce nouveau régime.

Alors que les grèves se poursuivent dans les transports, que les enseignants demeurent inquiets malgré les propos conciliants du gouvernement sur les revalorisations, le gouvernement garde son calme. Edouard Philippe présentera le plan intégral de la réforme des retraites mercredi 11 décembre.

D’autres pistes sont à l’épreuve. Pour garantir son soutien, la CFDT, seul syndicat favorable à un régime universel, refuse que la réforme fasse des économies immédiates. Si le candidat Macron assurait que le « problème des retraites » n’était plus « financier », le président avait changé son fusil d’épaule ces derniers mois, exigeant que le futur « système universel » censé remplacer les 42 régimes existants soit « équilibré financièrement » dès son entrée en vigueur, à l’origine prévue pour 2025.

Mais cette date est désormais remise en cause, comme l’objectif d’économies associé.

La réforme ne doit pas comporter « immédiatement » de volet budgétaire, a ainsi déclaré jeudi le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

Pour combler un déficit compris entre 8 et 17 milliards à l’horizon 2025, selon le Conseil d’orientation des retraites, le gouvernement envisageait diverses mesures d’allongement de la durée du travail, au risque de toucher des personnes à moins de cinq ans de la retraite, censées être épargnées.

Lundi, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a estimé que la « mise en place progressive » d’un « âge d’équilibre » à 64 ans, assorti d’une décote/surcote, « paraît devoir être privilégiée ».

Du sur-mesure pour les régimes spéciaux…

Ferme sur la « disparition des régimes spéciaux », Édouard Philippe se montre toutefois ouvert à des « transitions progressives » pour éviter de « changer les règles en cours de partie ». En ce qui concerne les cheminots, attachés notamment à leur droit à partir avant 62 ans, « cela semble acté, il va y avoir une clause du grand-père », croit savoir une source parlementaire LREM.

D’autres, comme les policiers, gendarmes, pompiers, surveillants pénitentiaires ou les contrôleurs aériens, ont déjà obtenu le maintien de leur droit à des départs anticipés à 57 voire 52 ans au titre de leurs « fonctions dangereuses ». Un statu quo envié par d’autres, comme les chauffeurs routiers.

… Et pour les profs

De l’aveu même du gouvernement, les enseignants risquent d’être pénalisés par la réforme avec la fin du calcul de leurs retraites sur les six derniers mois de carrière. Leurs pensions « ne baisseront pas », répète le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, promettant un effort « considérable » et « historique » pour améliorer leurs rémunérations.

A partir de « 2021 », il y aura « forcément une part d’augmentation de salaire et une part d’augmentation des primes dans des proportions qui restent à définir », a ajouté M. Blanquer, Gérald Darmanin évoquant quant à lui un coût compris entre « 400 et 500 millions d’euros ».

Lâcher les rênes

« La réforme butte sur un manque de confiance dans le politique en général », juge Frédéric Sève, négociateur de la CFDT, qui souhaite « que l’État renonce à gérer lui-même » le futur système et se tienne « à une distance raisonnable ». « C’est un élément décisif pour rendre la réforme acceptable », insiste-t-il, mettant en avant le pilotage du régime complémentaire des salariés du privé, l’Agirc-Arrco, par les syndicats et le patronat: « gérer le système, on sait faire, ça ne pose pas de souci ».



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