On s’y emploie. Quand les animaux inspirent l’entreprise


Quand les animaux inspirent l’entreprise (Photo d’illustration) (GETTY IMAGES)

Emmanuel Portanéry a publié Quand les animaux inspirent l’entreprise, aux éditions ESF Sciences humaines, avec Christine Faraut van Went et Jean-Marc Poupard. 

franceinfo : l’entreprise, c’est plutôt la jungle, un zoo, ou une basse-cour ?

Emmanuel Portanéry : Peut-être un peu des trois, mais c’est aussi un lieu de coopération. La jungle est vue comme un lieu de conflits, alors qu’il y a aussi de l’altruisme dans les entreprises. Et dans le monde animal, l’altruisme est bien plus fréquent que l’égoïsme.

Quelle espèce animale a un système qui serait le plus reproductible dans l’entreprise ?

Il y a des populations animales plutôt centrées sur la directivité. Par exemple, chez les loups, il y a un couple dominant qui va s’occuper de la hiérarchie, de la gestion des conflits. Ils sont au sommet de la pyramide alimentaire. Chez les lycaons, des canidés, c’est plus souple, le leadership est partagé. Les suricates partagent le pouvoir et les responsabilités selon ce qu’il y a à faire. Il y a ceux qui cherchent à manger, ceux qui protègent le territoire et ceux qui nettoient la colonie.

Et en entreprise il faut s’inspirer de quoi ?

Tout dépend du contexte. Selon les pays il y a des organisations très différentes, des choses qui passent en Asie qui passent moins en Europe. Il n’y a pas de système mais un système dans lequel les individus vont avoir une répartition du pouvoir qui va être accepté par les membres de la communauté et notamment un leadership accepté. Dans le monde animal, si ce leadership fonctionne bien, c’est parce qu’il y a une justice. Un leader qui n’est pas juste ne passera pas auprès de sa communauté. 

Vous racontez l’histoire de ces chiens dans une expédition en montagne au Chili…

Il y avait deux équipes cynophiles. Une éduquée à la française, plutôt démocratique, et une à l’américaine, plus autoritaire. Jusqu’à 4.500 mètres les deux équipes ne montraient pas de différences. Mais au-delà, les chiens avaient du mal à respirer et les chiens qui avaient été élevés de manière démocratique ont accompagné leurs maîtres, ils ont montré de la confiance, de l’empathie et ils sont allés au bout. Les autres chiens se sont rebellés contre leurs maîtres et ont tenté de les mordre.

Un leadership, surtout en situation de stress, qui serait plutôt démocratique, a plus de chance d’atteindre ses objectifs, alors que le leadership autoritaire brise la confiance et déroute.

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