Bruno Henrique : "Nous rêvons d'être champions du monde"



  • Bruno Henrique revient sur le sacre de Flamengo
  • Il aimerait affronter Liverpool et Trent Alexander-Arnold
  • Il évoque Jorge Jesus, Zico et 1981 et la Seleção

C’est une journée qui a dépassé les espérances les plus folles pour celui qui, à l’âge de 21 ans, n’avait encore retenu l’attention d’aucun club de football et travaillait comme réceptionniste, payé au salaire minimum, dans un bureau de Belo Horizonte. Cet avant-dernier samedi de novembre à 15h00, heure locale à Lima, Bruno Henrique faisait son entrée sur le terrain au milieu d’une haie de bonshommes déguisés en soldats impériaux de Star Wars, incarnant l’espoir de plus de 40 millions de fanatiques confiants dans la rapidité exceptionnelle de l’attaquant.

À 16h49, l’ailier gauche semblait ne pas avoir d’autres perspectives que la défaite de son équipe en finale. À 16h56, après avoir donné le ballon décisif pour l’égalisation de Gabigol, puis provoqué la faute qui a valu un carton rouge au joueur de River Plate Exequiel Palacios, Bruno Henrique était officiellement vainqueur de la Copa Libertadores. Quelques minutes plus tard, le joueur de 28 ans recevait la luxueuse bague en or récompensant le meilleur joueur de la compétition.

Cette transfiguration est parfaitement symbolique à la fois de la carrière et de l’année de Bruno Henrique. Il a fait ses débuts en première division brésilienne à l’âge de 24 ans seulement mais neuf mois plus tard, il éclipsait Cristiano Ronaldo lors d’un match de Ligue des champions de l’UEFA.

Il a rejoint Flamengo pour seulement 5 millions d’euros en janvier, n’ayant inscrit qu’un seul but en 28 matches pour le Santos FC lors du Brasileirao 2018. Il a par ailleurs subi cinq blessures à l’œil droit (échappant de peu à un décollement de la rétine, problème qui avait poussé Tostao à quitter le football à seulement 26 ans). Sa merveilleuse année lui a permis d’inscrire 34 buts et de contribuer très largement aux titres d’État, national et continental remportés par Flamengo.

Dans l’entretien qui suit accordé à FIFA.com, Bruno Henrique évoque cette journée paradisiaque dans la vallée du Chillón, l’imminente Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Qatar 2019™ et les rencontres potentielles avec Liverpool et Trent Alexander-Arnold.

Bruno, pouvez-vous nous dire ce que l’on ressent quand on gagne la Libertadores ?

On met du temps à réaliser, surtout quand ça se passe de cette façon. Nous sommes en train de vivre un rêve éveillé. Après 38 ans, nous avons réussi à refaire de Flamengo le meilleur club d’Amérique du Sud. Remporter la Libertadores, c’est quelque chose d’inexplicable et devenir champion du Brésil le lendemain nous a rendus encore plus heureux.

À quoi ont ressemblé les célébrations dans le vestiaire à Lima ?

C’était l’euphorie la plus totale. Nous avons réussi à renverser la situation sur la fin. Il y a eu une explosion de bonheur. Nous avons fait la fête du coup de sifflet final jusqu’au lundi parce qu’avant cela, nous avions travaillé tellement, mais vraiment si dur pour en arriver là. Tout le monde est très satisfait et très fier ici.

À quelques minutes du coup de sifflet final, y croyiez-vous encore ?

Sans aucun doute, nous n’avons jamais arrêté d’y croire. Nous savons à quoi le football peut ressembler. Le cours de l’histoire peut changer à n’importe quel moment. Dieu merci, c’est ce qui s’est produit. Impossible d’arrêter d’y croire. Nous nous sommes battus jusqu’au bout.

Pouvez-vous décrire le soutien que vous avez reçu des Flamenguistas ?

« La Nation » est extraordinaire. Je n’avais jamais rien ressenti de tel. Les supporters de Flamengo sont amour et dévouement. Sans eux, nous n’aurions jamais réussi cela, vous pouvez en être certains. Comme je le dis toujours, nos supporters sont notre douzième homme.

Quel regard portez-vous sur le travail de Jorge Jesus ?

L’entraîneur a tellement apporté depuis son arrivée. Il a beaucoup contribué à mettre notre équipe sur la bonne voie. Il m’a aussi énormément aidé sur le plan individuel. C’est un plaisir pour toute l’équipe de travailler avec lui, ici à Flamengo, et c’est aussi un excellent exercice d’apprentissage.

L’Internacional et l’Atlético Mineiro ont été éliminés de la Coupe du Monde des Clubs en demi-finales en 2010 et 2013 respectivement. Prenez-vous ça comme un avertissement ?

Oui, il est certain que cela nous pousse à faire encore plus attention. Mais notre staff technique étudie en profondeur les deux adversaires nous pourrions rencontrer en demi-finales. Nous allons travailler dur pour prendre les choses une par une. Le football aujourd’hui est très équilibré et quoiqu’il en soit, c’est un match très compliqué qui nous attend.

Vous rêvez d’affronter Liverpool ?

Nous rêvons surtout d’être champions du monde. Comme nous, Liverpool n’a pas un billet automatique pour la finale, même s’ils sont favoris. Nous pensons d’abord à notre demi-finale et évidemment, ce serait formidable de rencontrer une équipe aussi forte que Liverpool en finale.

Que pensez-vous du Flamengo de 1981 ?

Cette équipe de Flamengo était spectaculaire. Elle comptait dans ses rangs tellement de joueurs de qualité, des internationaux brésiliens, des stars reconnues dans le monde entier. C’est la plus belle génération de l’histoire du club et elle nous a beaucoup inspirés. Nous voulons marcher dans les pas de Zico et compagnie.

Que pensez-vous de cette équipe de Liverpool ?

Je pense que cette équipe est encore meilleure que ce que l’on en dit. C’est un effectif bourré de talent, dirigé par l’un des meilleurs entraîneurs du monde. Le trio d’attaque Salah-Firmino-Mané est d’une efficacité époustouflante. Ce n’est pas pour rien que Liverpool est en tête de la Premier League.

Liverpool possède aussi Trent Alexander-Arnold, qui se porte régulièrement en attaque. En tant qu’ailier gauche, aimeriez-vous jouer contre lui ?

Il est jeune, mais il est déjà l’un des meilleurs latéraux droits du monde. Il évolue déjà à un niveau exceptionnellement élevé. On peut dire la même chose d’Andy Robertson. Oui, ce serait intéressant de l’avoir comme adversaire direct.

Les clubs européens ont gagné les six dernières éditions de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA et 11 des 12 dernières. Pensez-vous que Flamengo ait les moyens de mettre un terme à cette hégémonie ?

Nous connaissons les clubs européens. Par comparaison avec les équipes sud-américaines, ils sont plus puissants financièrement et plus structurés. Ils possèdent plus de joueurs renommés. Mais notre équipe est très forte aussi. Nous avons recruté des joueurs comme Rafinha et Filipe Luis qui, encore récemment, évoluaient au plus haut niveau en Europe. Notre idée est de faire un grand tournoi et de rapporter le trophée à la maison.

Vous êtes arrivés à Flamengo comme un excellent joueur, mais vous avez encore élevé le niveau cette année, notamment en devenant un buteur régulier. Comment avez-vous réussi cela ?

Par le travail. J’ai toujours cru en mon football et en mon potentiel. À mon arrivée ici, à Flamengo, j’ai trouvé des structures extraordinaires et un effectif très talentueux. Je me suis très vite adapté au jeu de mes coéquipiers et j’ai vite appris ce que cela signifiait de jouer pour Flamengo. Ensuite, les choses se sont faites naturellement.

Parlez-nous de votre expérience avec la Seleção

Ce fut une expérience unique. N’importe quel joueur [brésilien] rêve de porter le maillot du Brésil. Je travaille dur ici, avec mon club, et je donne tout pour que le sélectionneur Tite me convoque encore et qui sait, m’appelle pour la Coupe du Monde en 2022.



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