En un an, la déforestation a doublé en Amazonie



Publié le 13 septembre 2019

C’est une véritable explosion. La déforestation de l’Amazonie au Brésil a augmenté de 92 % entre janvier-août et la même période 2018. Si Jair Bolsonaro aggrave la situation depuis son arrivée au pouvoir, la déforestation est déjà repartie à la hausse depuis déjà quelques années. Or les feux provoqués pour déforester rendent la forêt encore plus vulnérable aux incendies. 

Les chiffres sont tombés et ils rendent compte d’une situation dramatique en Amazonie. Selon les données officielles provisoires fournies dimanche 8 septembre, la déforestation de l’Amazonie au Brésil a pratiquement doublé entre janvier août et la même période de 2018, touchant 6 404 km² supplémentaire au total contre 3 336 l’année dernière. Une explosion de 92 %.

Déjà en juin dernier, l’Agence spatiale brésilienne avait constaté une augmentation de 88 % de déforestation dans le pays. Rien que pour le mois d’août, 1 700 km2 ont disparu, moins qu’en juillet (où les chiffres avaient quadruplé), mais plus de trois fois plus qu’en août 2018, selon le système DETER d’alertes satellitaires de l’Institut national pour les investigations spatiales (INPE).

Plus la forêt brûle, plus elle est vulnérable aux incendies

Spécialistes et défenseurs de l’environnement expliquent cet accroissement de la déforestation par la pression des forestiers et des éleveurs encouragés par le soutien du président brésilien, Jair Bolsonaro, à l’ouverture de réserves indigènes et de zones protégées pour développer ces activités ainsi que les prospections minières. Les feux qui ravagent en ce moment même la forêt tropicale ont en partie été provoqués par les défrichements par brûlis utilisés pour transformer des aires forestières en zone de culture et d’élevage ou pour nettoyer des zones déjà déforestées.

Or, « Les recherches montrent que chaque année, lorsque la forêt brûle, l’effet destructeur s’étend au-delà des flammes pour tuer les arbres et dessécher le paysage. Cela peut rendre la forêt encore plus vulnérable aux incendies en raison de l’accumulation de matériaux inflammables et d’écosystèmes marqués par le feu sur une vaste zone », explique le chercheur environnement Robert T. Walker dans The Conversation.

La déforestation s’aggrave avec Jair Bolsonaro

Le Brésil avait pourtant réussi, au début des années 2000, à diminuer la déforestation de l’Amazonie grâce à une politique environnementale plus exigeante. « Malheureusement, ces efforts ont commencé à se dissiper presque aussitôt qu’ils se sont révélés efficaces », note le professeur à l’Université de Floride qui mène des recherches sur l’environnement en Amazonie depuis 25 ans.

Une tendance qui s’est aggravée depuis la prise de pouvoir de Jair Bolsonaro. Le Président brésilien a été accusé par Emmanuel Macron de « mentir » quant à ses engagements environnementaux. « Ce que le Brésil a fait montre qu’il ne veut plus arrêter la déforestation », avait également déclaré la ministre de l’environnement norvégienne, Ola Elvestuen interviewé dans Davens Naeringsliv. Celle-ci a mis fin à la participation de la Norvège dans le fonds amazonien destiné à lutter contre la déforestation. Le pays nordique avait déjà versé plus d’un milliard d’euros dans ce cadre.

Selon les experts, il devrait y avoir en septembre davantage de foyers d’incendie dans la région amazonienne car « le pic de la déforestation a lieu en juillet et celui des incendies en septembre », a relevé Ane Alencar, la directrice scientifique de l’Institut pour les enquêtes environnementales en Amazonie (IPAM).

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP





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