En Martinique, Emmanuel Macron qualifie la contamination au chlordécone de maladie professionnelle



Publié le 28 septembre 2018

Emmanuel Macron a annoncé lors de son déplacement aux Antilles, que l’État devait « prendre sa part de responsabilité » dans la pollution au chlordécone et « avancer sur le chemin de la réparation » de ses ravages. Il ouvre ainsi la voie à la reconnaissance de la contamination à cet insecticide comme maladie professionnelle. 

Alors que son programme a été quelque peu perturbé par l’approche de la tempête tropicale Kirk – finalement très discrète-, Emmanuel macron a pu se rendre dans une exploitation agricole du nord, à Morne rouge, à la rencontre d’un agriculteur concerné par la pollution de ses terres par le chlordécone.

Cet insecticide cancérogène et perturbateur endocrinien, interdit dès 1977 aux États-Unis mais utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles par les producteurs de bananes, est toujours présent dans les sols où il peut persister environ 600 ans. Il se retrouve aujourd’hui dans certaines denrées végétale ou animale et certains captages d’eau.

Aveuglement collectif

« La pollution à la chlordécone est un scandale environnemental dont souffrent la Martinique et la Guadeloupe depuis 40 ans. (…) Ce fut Le fruit d’un aveuglement collectif« , a déclaré le chef de l’État. « Nous avons continué à utiliser le chlordécone (….), parce que l’état les élus locaux ont accepté cette situation, pour ne pas dire l’ont accompagnée, en considérant qu’arrêter le chlordécone c’était menacer une partie des exploitations« , a-t-il poursuivi.

Selon l’agence Santé publique France, « plus de 90 % de la population adulte » en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone. Le produit est soupçonné notamment d’être responsable d’une explosion des cancers de la prostate aux Antilles.

Pas de réparation individuelle pour tous

Emmanuel Macron a souligné en Martinique que « l’état des connaissances scientifiques (…) ne permet pas de certifier » la dangerosité de la molécule pour la santé humaine, bien que l’on « présume le lien avec les naissances prématurées, les retards de développement cérébral et d’autres pathologies« .

Il en conclut qu’il « ne serait pas responsable de dire qu’il y a une réparation individuelle pour tous« , mais qu’il est en revanche « possible d’avancer davantage sur la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule.« 

En conséquence, a-t-il annoncé, « la procédure d’ouverture du registre des maladies professionnelles sera engagée par le gouvernement dès le 2 octobre pour le régime général (de la Sécurité sociale) et le 9 octobre pour le régime agricole« .

La Rédaction avec AFP





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