Coca-Cola et PepsiCo claquent la porte du lobby américain du plastique



Les deux premiers producteurs de bouteilles en plastique de la planète, Coca-Cola et PepsiCo, ont décidé de se retirer du principal organisme de lobbying de l’industrie du plastique au monde. Les deux géants étaient de plus en plus acculés par leurs investisseurs et leurs consommateurs les jugeant responsables de la pollution des océans.

La pression devenait un peu trop grande pour les deux géants des boissons, Coca-Cola et PepsiCo. Les deux entreprises ont annoncé simultanément leur retrait de la Plastics Industry Association, principal lobby du secteur plastique outre-Atlantique. La décision a un effet immédiat pour le premier et entrera en vigueur à la fin de l’année pour le second.

Les deux mastodontes de l’agroalimentaire ne sont pas rentrés dans le détail des raisons de cette décision. Un porte-parole de Coca-Cola se limite à expliquer dans la presse américaine que « [la Plastics Industry Association] tenait des positions qui ne correspondaient pas pleinement à nos engagements et à nos objectifs« . De son côté, PepsiCo assure « ne pas participer au travail de plaidoyer de l’association ou de ses filiales« .

Premier producteur de déchets dans l’océan

Coca-Cola est le premier producteur de bouteilles plastiques au monde avec 100 milliards d’unités par an. La plus grande marque de soda au monde est de plus en plus appelée à prendre en compte le danger du plastique par ses investisseurs, des ONG et ses consommateurs de plus en plus sensibles à la pollution des océans. En 2018, l’entreprise avait souffert d’une très mauvaise publicité après la massive opération de nettoyage réalisée dans 42 pays par le mouvement Break Free From Plastic. Sur les milliers de tonnes de plastique ramassées, la marque rouge arrivait largement en tête.

Début 2019, cette dernière a pris des engagements en la matière. Elle assure vouloir collecter et recycler l’équivalent de tous ses contenants d’ici 2030. Elle vise également à fabriquer tous ses emballages avec une moyenne de 50 % de contenu recyclé à la même date. De son côté, PepsiCo, le deuxième producteur de bouteilles au monde, évoque l’utilisation de matières alternatives pour certains de ses produits, en particulier l’aluminium déjà largement employé dans les canettes et plus aisé à recycler.

Rapporté par CNN, l’association professionnelle regrette le retrait des deux industriels car elle assure ne pas être seulement un organisme de lobbying mais aussi un outil d’innovation. « Nos membres travaillent ensemble pour aligner leurs efforts afin de placer le recyclage et la durabilité à l’avant-plan de leurs activités« , assure Patty Long, présidente et directrice générale de la Plastics Industry Association.

Naissance d’une empreinte plastique

De leur côté, plusieurs ONG soulignent positivement la décision de Coca et PepsiCo. Selon Dianna Cohen, PDG de la Plastic Pollution Coalition, « Coca et Pepsi avaient fait le mauvais choix en rejoignant l’organisation de lobbying« , dont les objectifs sont « vraiment mauvais« . « Les entreprises comprennent qu’elles ne peuvent pas publiquement dire qu’elles veulent mettre fin à la pollution plastique, tout en soutenant financièrement une association qui milite en faveur de notre dépendance continue à l’égard des plastiques jetables« , juge pour sa part Greenpeace US.

En juillet, Novethic a publié une note Orange sur le risque plastique pour les entreprises. Selon les auteurs : « Les investisseurs engagés s’interrogent sur leur exposition au risque plastique. Pour la mesurer, ils invitent les entreprises à dévoiler leur stratégie sur le recyclage et la dépendance de leur modèle à cette matière […] Ils esquissent ainsi une notion d’empreinte plastique« .

Ludovic Dupin @LudovicDupin





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