Près de 6 milliards d’humains manqueront d’eau en 2050



À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le jeudi 22 mars, l’Unesco publie un rapport qui alerte une nouvelle fois sur l’état désastreux de nos nappes phréatiques. En 2050, ce sont jusqu’à 6 milliards d’êtres humains qui risquent ainsi d’être confrontés à des pénuries d’eau régulières. Pour les experts des Nations-Unis, la solution passe par la mise en place d’infrastructures « vertes » qui imitent la nature.

C’est un nouveau rapport (1) alarmant qu’a présenté en début de semaine l’Unesco dans le cadre du 8e Forum sur l’eau qui se tient toute la semaine au Brésil. Selon les estimations des Nations-Unies, à l’horizon 2050, ce sont entre 4,8 et 5,7 milliards d’humains qui risquent d’être confrontés à des situations de pénurie d’eau au moins un mois par an si rien n’est fait d’ici là. Aujourd’hui, 3,6 milliards de personnes vivent déjà dans des zones arides.

« Nous avons besoin de solutions nouvelles pour la gestion des ressources en eau afin de contrebalancer les défis émergents relatifs à la sécurité de l’eau que posent la croissance démographique et les changements climatiques. C’est un enjeu majeur que nous devons tous ensemble relever avec une approche vertueuse afin de prévenir les conflits liés à l’eau », a déclaré Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Unesco.

Moins de 1 % des investissements

Les réserves souterraines s’épuisent, pompées principalement par l’irrigation, tandis que la qualité se dégrade en raison de la pollution industrielle et agricole, constate le rapport. Ainsi depuis le début du XXe siècle, 64 à 71 % des terres humides ont été perdues en raison des activités humaines. Et 80 % de toutes les eaux usées industrielles et municipales sont actuellement déversées dans les rivières et fleuves sans aucun traitement préalable. « Un tiers des plus grands systèmes d’eau souterraine sont déjà en détresse » notent les experts.

Face à cette situation, miser sur les infrastructures « grises », c’est-à-dire issues du génie civil traditionnel, ne suffira plus. Il faudra en parallèle développer des « solutions fondées sur la nature » qui consistent à préserver les écosystèmes ou à copier des processus naturels qui ont déjà fait leur preuve. « Préserver les milieux humides naturels, améliorer l’humidité des sols et la recharge plus efficace des eaux souterraines sont des solutions souvent plus économiques et durables que les barrages » pointent les Nations unies.

Depuis deux décennies, la municipalité de New York par exemple a développé une politique de protection de ses bassins versants en participant à des programmes de préservation des forêts et en rémunérant des agriculteurs pour leurs bonnes pratiques moins polluantes. À la clé : 300 millions de dollars d’économies par an sur le traitement des eaux. Seulement, ces solutions « vertes » sont encore très peu développées. Elles ne concernent à ce jour que moins de 1% de l’investissement total dans les infrastructures de gestion des ressources en eau, à travers la planète.

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Lire le rapport de l’Unesco 





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