La Russie a bien été victime d’une explosion nucléaire dans le grand Nord



Le 8 août, un accident a provoqué cinq morts et une hausse temporaire de la radioactivité localement à Severodvinsk dans le Grand Nord russe. Les autorités russes avaient d’abord parlé des essais d’un moteur-fusée, mais de nouvelles informations révèlent qu’il s’agit d’un accident de fission nucléaire dans le cadre de l’essai de nouveaux armements.

Les autorités russes ont dévoilé la nature de la pollution provoquée par une explosion à caractère nucléaire sur une base de tir de missiles du Grand Nord, qui avait conduit début août à une brève hausse de la radioactivité. L’agence de surveillance environnementale russe Rosguidromet a trouvé dans les échantillons enregistrés dans la ville de Severodvinsk, située près de la base où a eu lieu l’accident, des isotopes radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane.

Selon un spécialiste cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, ces isotopes sont le produit d’une fission nucléaire. L’accident, dû selon les autorités à des essais de « nouveaux armements« , a causé la mort le 8 août de cinq employés de l’agence nucléaire russe Rosatom. Ces spécialistes fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile à l’origine de l’explosion.

Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides« , mais n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. Il avait alors assuré qu’il n’y avait « pas eu de contamination radioactive« , mais la mairie de Severodvinsk avait dit avoir « enregistré une brève hausse de la radioactivité » avant de retirer sa publication.

Deuxième accident en un an

L’ONG Greenpeace Russie a estimé que les nouvelles informations révélées par Rosguidromet étaient « insuffisantes » pour apprécier les risques éventuels sur la santé des habitants de la région. Elle a appelé à prélever des échantillons dans la mer, et non seulement dans l’air, puisque l’explosion a eu lieu sur une « plateforme maritime » selon la version officielle.

Selon l’organisation, ces informations prouvent également que l’explosion n’est pas liée à la « source d’énergie isotopique » du moteur du missile comme avancé par Rosatom, mais « probablement à un réacteur » nucléaire.

Cet incident survient, un peu moins d’un an après, un grave incident dans un centre de traitement de déchets nucléaires. En septembre 2017, le centre de Maïak au sud de l’Oural a été la source d’un nuage radioactif qui traversé une large partie de l’Europe. Si à l’origine les autorités russes ont nié tout évènement, celui-ci a été révélé par une étude réalisée par des instituts européens, en particulier l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Ludovic Dupin avec AFP





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