ce que l’Union fait pour l’environnement



Réseau Natura 2000, interdiction de certains néonicotinoïdes, directive Reach sur les produits chimiques, ambitieux objectifs en matière de recyclage des déchets… L’Union européenne a permis de mieux protéger les espaces naturels et s’est doté d’objectifs ambitieux pour réduire son impact environnemental. À quelques semaines des élections européennes, Novethic vous propose de revenir sur les grandes avancées obtenues ou en cours au sein de l’Union. 

À l’échelle de l’Union, les thèmes du changement climatique et de l’environnement préoccupent de plus en plus les citoyens, si l’on s’en réfère aux sondages publiés depuis le début de l’année. Pour autant, les Européens sont ambivalents. D’un côté, ils ont conscience que la majorité des problèmes environnementaux ne pourront se régler qu’à grande échelle. De l’autre, ils estiment que Bruxelles n’en fait pas assez et reste trop dépendante des lobbys industriels. L’Union européenne a toutefois permis de réelles avancées sur certains dossiers et s’est fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir.

  • Au secours des oiseaux et des arbres millénaires

L’une des missions de l’Union européenne est de protéger la biodiversité. Elle le fait via son programme Natura 2000, un vaste réseau d’espaces naturels protégés qui vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés. Aujourd’hui, 18 % de la surface terrestre et 6 % de la surface marine du territoire de l’Union sont concernés. La démarche européenne est fondée sur les directives Oiseaux et Habitats faune flore, mais celles-ci restent encore mal ou peu appliqués, notamment par la France.

Ce n’est qu’après des années de pression européenne que Paris a mis fin en avril 2017 à sa politique de tolérance sur la chasse à l’ortolan, petit oiseau recherché par les gourmets, afin d’éviter une condamnation. Au niveau européen, 17 % des espèces d’oiseaux sauvages sont toujours menacées et 15 % sont en déclin ou décimées. La Pologne, de son côté, a été condamnée en avril 2018 par la justice européenne pour l’abattage d’arbres millénaires dans la forêt de Bialowieza, classée patrimoine mondial par l’Unesco et site Natura 2000.

  • Une Europe moins polluée et moins gourmande en produits chimiques

Le scandale du Dieselgate en 2015 a révélé la fragilité de la législation européenne, aisément contournée par certains constructeurs automobiles. Depuis, Bruxelles a revu ses tests de mesures d’émissions, désormais réalisés en condition réelle de conduite. L’UE fixe depuis 1992 des normes d’émissions maximales d’un certain nombre de gaz polluants pour les véhicules neufs afin de réduire la pollution atmosphérique. En 20 ans, cela a permis de réduire de 70 % les émissions d’oxydes de souffre, plus connues sous le nom de pluies acides. 

Chaque État membre doit publier un rapport concernant l’ensemble des polluants de l’air sur son territoire. C’est ainsi que la France a été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect des normes de qualité de l’air après dix ans de multiples avertissements. Jusqu’à présent, seuls deux pays ont été condamnés pour avoir exposé leurs citoyens à un air trop pollué : la Pologne et la Bulgarie.  

L’UE est également chargée de réguler l’utilisation de produits chimiques sur son territoire afin de protéger à la fois l’environnement et la santé humaine. Malgré le couac autour de la prolongation du glyphosate, l’UE a interdit trois néonicotinoïdes tueurs d’abeilles et ouvert la voie à une réglementation sur les perturbateurs endocriniens. Plus globalement, sa directive Reach, l’une des plus avancées au monde en matière de transparence et de gestion des risques des produits chimiques, a introduit des restrictions de commercialisation et d’utilisation pour 18 substances telles que le bisphénol A, le chrome, le plomb, le nickel ou les composés de nonylphénol. Enfin, pour faciliter le signalement des atteintes à l’environnement et à la santé, une plateforme en ligne ultra sécurisée – pour protéger les lanceurs d’alerte – vient d’être lancée.

  • Vers la fin du plastique à usage unique et de la mise en décharge des déchets

Après le sac plastique, l’UE s’attaque à tous les produits en plastique à usage unique. À partir de 2021, elle veut voir disparaître toutes les touillettes à café, pailles, coton-tige et autres emballages. 90 % des bouteilles en plastique devront être recyclées et être composées à 25 % de produits recyclés. Chaque année, 25 millions de tonnes de déchets plastique sont produits dans l’UE.

Bruxelles a fait de l’économie circulaire l’une de ses priorités. D’ici 2035, 65 % des déchets municipaux devront être recyclés, contre 44 % aujourd’hui, tandis que la mise en décharge devra être limitée à 10 %. En ce qui concerne les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), le Parlement a adopté à la quasi-unanimité une résolution pour une durée de vie plus longue des produits. Un projet de directive éco-conception est dans les cartons.

Selon un récent rapport de la Commission européenne, la mise en œuvre intégrale de la législation environnementale de l’Union permettrait d’économiser 55 milliards d’euros par an en coûts directs et de santé.

Concepcion Alvarez, @conce1 





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