Les écoles, et leurs élèves, ne sont pas assez protégés contre la pollution de l’air



Publié le 03 octobre 2019

Une nouvelle étude révèle que les écoles parisiennes, et leurs élèves, sont exposés à des niveaux de pollution préoccupants. En cause, le trafic routier mais aussi les nombreux chantiers que compte la capitale. Cela entraîne une hausse des crises d’asthme, mais aussi des maux de tête, des vertiges et une difficulté à se concentrer.

La pollution de l’air ne s’arrête pas aux portes des écoles, bien au contraire. Une nouvelle étude publiée par l’Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) révèle que les écoles parisiennes, et leurs élèves, sont exposés à des niveaux de pollution préoccupants. Six crèches et écoles primaires du centre de Paris, représentant près d’un millier d’enfants, ont été analysées. Et les résultats ont de quoi inquiéter.

Les mesures montrent une présence de dioxyde d’azote (NO2) à l’extérieur et à l’intérieur de toutes les salles de classe, souvent à des valeurs proches de la limite légale européenne et de la recommandation de l’OMS (40 µg/m3 maximum). Une des écoles témoins a même été exposée le temps des mesures à une valeur moyenne de NO2 égale à 52 µg/m3.

Par ailleurs, quatre des six écoles témoins ont présenté des niveaux de CO2 très supérieurs aux niveaux recommandés. Une étude publiée en 2016 expliquait qu’il ne fallait pas dépasser un seuil de 1 000 ppm de CO2 à l’intérieur des classes. Dans le cas contraire, le trop fort taux de CO2 aurait un impact négatif sur le rendement scolaire, provoquant maux de tête, vertiges et incapacité à se concentrer.

Crises d’asthme accentuées 

« La circulation routière et les chantiers de construction constituent la principale source de pollution de l’air extérieur, explique Alain Chabrolle, vice-président de France Nature Environnement, qui a collaboré avec Heal pour l’étude. Les écoles ont besoin que les maires agissent en vue de trouver des solutions permettant de réduire cette pollution. Paris est déjà en train de mettre en place quelques mesures, mais il est possible de faire davantage, en particulier autour des écoles avec, par exemple, des limitations de vitesse plus strictes, des zones à faibles émissions ou des zones à péage urbain ».

Chez les enfants particulièrement exposés à l’air pollué, le risque d’asthme est accru avec une augmentation du nombre et de la gravité des crises, en particulier si l’enfant est à proximité d’un axe très fréquenté. La pollution de l’air peut également affecter le développement du cœur, du cerveau et du système nerveux d’un enfant, même avant la naissance.

En mars dernier, l’association Respire avait quant à elle publié une carte des établissements les plus exposés. Elle avait calculé que 85 % des 12 520 écoles analysées dépassaient les seuils de pollution recommandés. Chaque année, la pollution de l’air tue 400 000 personnes en Europe, dont 55 000 en France.

Concepcion Alvarez, @conce1





novethic

A lire aussi

Laisser un commentaire