la France reste un des pays les « plus inégalitaires », mais ses élèves se situent dans la moyenne du classement Pisa



Tous les trois ans, une étude de l’OCDE, Pisa, compare dans 80 pays les performances des élèves de 15 ans.

Les performances des élèves français sont dans la moyenne mondiale mais la France se distingue une nouvelle fois par de très fortes inégalités scolaires, selon la dernière enquête Pisa, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, publiée mardi 3 décembre. Tous les trois ans, cette étude de l’OCDE mesure, dans 80 pays dont les 36 membres de l’OCDE, les performances des élèves de 15 ans.

Avec un score global de 493 points, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne des 36 pays de l’OCDE (487 points), en lecture, en mathématiques et en sciences. Un résultat stable par rapport aux enquêtes précédentes, et comparable à ceux de l’Allemagne et de la Belgique. La France est entre le 20e et le 26e rang sur les 80 pays testés par Pisa.

Les premières places sont occupées par quatre provinces chinoises réunies (Pékin-Shanghaï-Jiangsu-Zhejiang, 555 points), la cité-État de Singapour (549 points), Macao (525 points) et Hong-Kong (524 points). Viennent ensuite l’Estonie (523 points), le Canada et la Finlande (520 points) qui sont en tête des pays de l’OCDE.  

La France est surtout une nouvelle fois « dans le groupe des quatre ou cinq pays les plus inégalitaires » parmi les pays occidentaux, selon Éric Charbonnier, analyste éducation de l’OCDE. Les écarts de résultats entre élèves socialement favorisés et élèves défavorisés y sont de 107 points, contre 88 points d’écart en moyenne dans les pays de l’OCDE. Seuls le Luxembourg et Israël ont des écarts nettement plus importants que celui observé en France.

Un élève défavorisé français a cinq fois plus de risques d’être en difficulté en lecture qu’un élève d’un milieu social élevé.Éric Charbonnier, analyste éducation de l’OCDEà franceinfo

De même, on observe un écart conséquent sur la lecture entre les élèves autochtones et ceux issus de l’immigration, qui plus souvent sont aussi issus d’un milieu défavorisé. Mais si les inégalités scolaires restent très fortes en France, elles ne se creusent plus et ont tendance à se stabiliser, par rapport à la précédente édition de l’enquête Pisa. « Des efforts ont été faits dans le primaire, on verra les premiers effets aux alentours de l’enquête Pisa 2030, mais notre système d’éducation n’a pas assez agi sur les leviers qui permettent de réduire les inégalités, à savoir mieux former les enseignants, investir dans les établissements défavorisés et les premiers niveaux d’éducation », explique Éric Charbonnier, qui pointe qu’« un pays comme l’Allemagne a introduit les mêmes actions en 2000, et on voit une amélioration à ce niveau-là. »

Une grande majorité d’élèves français disent avoir de bonnes relations avec leurs camarades de classe, et ils se sentent moins en compétition avec les autres que dans la moyenne des pays occidentaux. En revanche, les collégiens français sont parmi ceux qui disent ressentir le moins de soutien de la part de leurs enseignants. Ils déclarent aussi plus qu’ailleurs des problèmes de discipline en classe. Un jeune sur deux évoque du chahut dans la plupart des cours, contre seulement un sur trois en moyenne dans les pays de l’OCDE.  

L’enquête a été réalisée en 2018, dans 79 pays totalisant environ 32 millions d’élèves de 15 ans. 600 000 élèves ont été testés, dont 6 000 en France. Ils ont été testés sur des épreuves de compréhension de l’écrit, de mathématiques et de sciences.



francetvinfo

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