Critique : Lillian


Lillian

Autriche : 2019
Titre original : –
Réalisation : Andreas Horvath
Scénario :  Andreas Horvath
Interprète : Patrycja Planik
Distribution : Nour Films
Durée : 2 h08
Genre : Aventure, Drame
Date de sortie : 11 décembre 2019

3.5/5

Avant Lillian, l’autrichien Andreas Horvath avait réalisé plusieurs documentaires mais ne s’était jamais frotté à la fiction. On peut dire qu’avec Lillian, il a parcouru la moitié du chemin vers la fiction, ce film, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2019 et, par ailleurs, fort intéressant, greffant une importante partie documentaire sur l’Amérique profonde d’aujourd’hui à l’aventure menée par une jeune russe qui entreprend de rentrer à pied dans son pays, depuis New-York !

Synopsis : Lillian, échouée à New-York, décide de rentrer à pied dans sa Russie natale. Seule et déterminée, elle entame un long voyage à travers l’Amérique profonde pour tenter d’atteindre l’Alaska et traverser le détroit de Béring…

Un long périple

Comment et pourquoi est-elle arrivée à New-York ? On ne le saura jamais. Quand on rencontre la jeune russe Patrycja, elle essaye de se faire engager par un producteur en lui montrant des photos d’elle. Erreur d’aiguillage ! Patrycja, la petite trentaine, a, sur ces photos, le look d’un mannequin alors que le producteur fait dans le porno et, en plus, le visa de Patrycja a expiré et elle ne parle pas anglais. New-York la rejette, qu’importe, elle décide de retourner dans son pays, de l’autre côté du détroit de Béring, mais à sa façon, à pied ! Difficile de faire plus road movie que Lillian, sauf que, d’habitude, dans les road movies, le périple se fait à moto ou en voiture. Autant dire que le voyage va être long, que les saisons vont se succéder tout au long du périple et que Patrycja va être au plus près des personnes rencontrées, que ce soit des gérantes de supérette, des shérifs ou des hommes qui ne se privent pas de harceler depuis leur pick-up une si jeune femme marchant seule au bord de la route.

L’adaptation d’une histoire vraie

En 1926, Lillian Alling, une jeune russe vivant à New-York décida de rentrer à pied dans son pays d’origine. C’est en 2004 que le réalisateur autrichien Andreas Horvath entendit pour la première fois parler de cette histoire. L’envie d’en faire un film l’a poursuivi pendant près de 15 ans. A juste titre, il a choisi de transposer ce périple dans l’époque contemporaine et il a su utiliser ses qualités de documentariste pour nous offrir, en sus de l’aventure de cette Lillian du 21ème siècle, un portrait passionnant de l’Amérique profonde d’aujourd’hui, celle des gens qui ont choisi de ne pas partir vers les grandes métropoles ou qui n’en ont pas eu la possibilité, des gens qui, souvent, se sentent rejetés par Washington, des gens dont on peut pensé que, pour la plupart, ils ont voté Trump en 2016. Cette Amérique, c’est aussi celle des rodéos et des courses de stock-car, une Amérique dont seuls les équipements électroniques et les voitures permettent de savoir si on est en 1950 ou en 2019.

Au hasard des rencontres !

Il y a très peu de dialogues dans Lillian, le rôle de la jeune russe étant pratiquement muet. Oralement, on ne dit pas grand chose à Lillian mais les panneaux le long de son périple sont, par contre, très bavards : des panneaux de publicité, des panneaux qui lui parlent de Jésus, des panneaux la mettant en garde contre les dangers de l’auto-stop. Lillian est un film dans lequel l’improvisation a joué un grand rôle et, à part le conducteur du pick-up qui harcèle Lillian, joué par un des producteurs, tous les personnages qui approchent Lillian jouent leur propre rôle, certains étant même à l’origine de la façon dont l’histoire évolue lors de cette rencontre. C’est le cas du shérif qui a expliqué au réalisateur ce qu’il ferait s’il était amené à rencontrer dans la vraie vie une jeune femme se comportant comme Lillian.

Le rôle de Lillian est interprété par la polonaise Patrycja Planik, dont l’expérience en tant qu’actrice se limitait à un petit rôle dans Druciki, un téléfilm polonais de 2010 mais, par contre, très expérimentée en photographie et en danse. Quant à l’équipe de tournage, elle était très faible en quantité, 5 étant le maximum !

Conclusion

Mi fiction, mi documentaire, Lillian réussit à intéresser le spectateur sur les deux tableaux : l’aventure choisie, puis vécue par Lillian, ne peut laisser personne indifférent, le portait d’une certaine Amérique dressé au travers des rencontres effectuées et des événements vécus par Lillian tout au long du trajet est riche d’enseignements.



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