La France annule la livraison controversée de bateaux aux garde-côtes libyens



Sous la pression de huit organisations non gouvernementales, la France a finalement cédé. Florence Parly a annoncé, ce lundi, que la France ne livrerait pas les six embarcations rapides initialement promises aux gardes-côtes libyens.

La ministre des Armées a estimé que la situation dans le pays « ne permettait pas de réaliser ce don d’embarcation ». Une décision qualifiée de « victoire qui doit marquer un tournant dans la coopération sur la politique migratoire » par les ONG d’aide aux migrants qui s’opposaient à la livraison.

Sous-traitance européenne

La livraison de ces embarcations rapides semi-rigides, des Zodiac Sillinger, avait été annoncée en février dernier par la ministre des Armées. Mais rapidement, les ONG venant en aide aux migrants, dont Amnesty et Médecins sans frontières, avaient dénoncé l’accord. Elles dénonçaient notamment une « politique de sous-traitance du contrôle de l’émigration », décidée par l’Union européenne en coopération avec Tripoli pour contenir l’afflux de migrants sur son sol. Par ailleurs, selon elles, cette initiative « aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye ».

Le pays,
plongé dans le chaos depuis 2011

, est régulièrement mis en cause pour le traitement qu’elle réserve aux personnes souhaitant émigrer vers l’Europe. Plus de 1.1.100 migrants ont ainsi péri ou été portés disparus en mer en tentant la traversée de la Méditerranée, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).



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