Depuis 10 jours, New Delhi et ses 20 millions d’habitants suffoquent sous une épaisse pollution



Publié le 14 novembre 2019

La qualité de l’air ne s’améliore pas dans la capitale indienne malgré la circulation alternée et la fermeture de certaines usines. Depuis 10 jours, New Delhi vit sous un épais brouillard de pollution. La faible vitesse du vent et les températures basses piègent le smog dans la mégalopole, détériorant la santé de ses 20 millions d’habitants. 

C’est une brume suffocante et mortifère qui s’est installée depuis 10 jours dans les rues de la capitale indienne. Les taux de polluants atmosphériques sont jusqu’à dix fois plus que le niveau recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Les niveaux de PM 2,5 – particules fines de moins de 2,5 microns de diamètre, pouvant pénétrer profondément dans les poumons et même dans le sang – ont dépassé le seuil d’urgence de 300 microgrammes par mètre cube à Delhi-NCR jeudi matin. Jusqu’à 322 microgrammes par mètre cube, environ six fois la limite de sécurité de 0 à 60, le matin », rapporte India Today. 

 

 

Face à cette dramatique situation, New Dehli a fermé les écoles, certaines usines et mis en place une circulation alternée. Mais la qualité de l’air ne s’améliore pas. Selon les experts, ce smog serait dû à la pollution des voitures, celle de l’industrie mais aussi les feux générés par les agriculteurs de la région. Cette période de l’année est habituellement une des pires en matière de pollution pour les 20 millions d’habitants que compte la mégalopole. Mais cette fois les conditions météorologiques changent la donne. La baisse de la température et la faible vitesse du vent piègent le smog qui semble s’installer durablement.

« C’est une bataille quotidienne, au jour le jour »

« Maintenant qu’il fait plus froid, l’air ne monte pas assez haut pour disperser les polluants. Tout le piégeage se produit près du sol », a déclaré à Reuters Anumita Roy Chowdhury, directrice exécutive du Center for Science and Environment, une organisation de recherche et de défense des droits basée à Delhi. « Les mesures d’urgence ne peuvent pas purifier l’air s’il n’y a pas de vent pour chasser la pollution. C’est une bataille quotidienne au jour le jour ».

Pour lutter contre la pollution, le gouvernement a dit vouloir utiliser une technologie de carburant à base d’hydrogène mais son action est globalement critiquée. « À notre avis, le gouvernement et les autres parties prenantes ont déployé peu d’efforts constructifs pour trouver des solutions au problème », ont déclaré les juges de la Cour suprême, Ranjan Gogoi et SA Bobde. « Les gens sont en train de mourir. Delhi étouffe et nous ne sommes pas en mesure de l’empêcher. Ce n’est pas acceptable dans un pays civilisé »

Marina Fabre, @fabre_marina





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