Cinq chiffres à connaître pour comprendre la crise mondiale de l’eau


Sur la planète bleue, seul 2,5 % de l’eau est potable, le reste est de l’eau salée impropre à la consommation ou pour l’agriculture. Cela reste un volume considérable mais qui ne suffit plus face aux besoins liés à la croissance de la population mondiale, à l’agriculture et à l’urbanisation. Sans un meilleur traitement et une plus haute réutilisation des eaux usées, le monde se dirige vers une crise qui touche déjà plusieurs régions.

Du 25 au 30 août, se déroule à Stockholm la World Water Week (la semaine mondiale de l’eau). Il s’agit de la plus grande réunion sur la question de l’eau dont la disponibilité et la qualité s’amenuisent sur la planète, entre autres sous la pression des activités agricoles et industrielles de l’Homme. À cette occasion, Novethic vous présente cinq chiffres à connaître pour comprendre cet enjeu, issus des dernières études produites par le World Ressource Institute et la Banque mondiale.

17 pays

C’est le nombre de pays à travers le monde qui font face à un risque « extrêmement élevé » de manque d’eau. Cela signifie que ces Etats utilisent chaque année plus de 80 % de leurs ressources disponibles en surface et dans les nappes phréatiques. Aux trois premières places, on trouve le Qatar, Israël et le Liban. 12 de ces pays se situent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. 26 pays supplémentaires utilisent plus de 40 % de leurs ressources en eau et sont en risque « élevé ». On trouve la Belgique (23e place), l’Espagne (28e) ou l’Italie 44e place (voir tableau en fin d’article).

25 % de la population mondiale

Les 17 pays en risque très élevé représentent 25 % de la population mondiale. Parmi ces pays, il faut cependant compter l’Inde, pays qui à lui seul représente 1,36 milliard d’habitants, soit 16 % de la population mondiale. Le sous-continent n’abrite toutefois que 4 % des ressources en eau de la planète.

6 à 14 % du PIB

Le manque d’accès à l’eau pose des problèmes sanitaires, mais a également des conséquences en matière d’activités économiques. Ainsi, selon la Banque mondiale, le manque d’eau va faire perdre en moyenne 6 à 14 % du PIB dans les pays les plus à risque. En cas de très mauvaise qualité, la perte peut attendre 30 %, assure l’institution. L’impact agricole est également important puisque la pollution de l’eau fait perdre chaque année de quoi nourrir 170 millions de personnes.

82 % de l’eau non réutilisée

Dans les pays les plus à risque, 82 % de l’eau utilisée est rejetée comme un déchet. Pourtant le traitement et la réutilisation sont indispensables selon la WRI. Des champions du traitement émergent cependant. Ainsi Oman (classé à la 16e place) traite déjà 100 % de ses eaux collectées et en réemploie 78 %. Un record par rapport à la zone du Golfe où, en moyenne, 84 % des eaux sont traitées et 44 % réutilisées.

59e place pour la France

La France apparaît à la 59e place de ce classement de 160 pays. Elle est notée comme pays « moyennement » à risque, comme la Chine, l’Allemagne ou la Corée du Sud. L’été 2019 a été particulièrement dur pour les ressources hydriques de l’Hexagone. Fin août, 86 départements sont soumis à des restrictions d’eau, et 42 d’entre eux sont en crise. On a même vu des villes ravitaillées par camions-citernes, en particulier en Corrèze.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

 





novethic

Non classé

A lire aussi

Laisser un commentaire