Libre-échange: une conception des traités à revoir


La politique commerciale internationale est très contestée comme l’a montré encore récemment 
la controverse sur le CETA

, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Ursula von der Leyen en est bien consciente. Dans son programme pour l’Europe, la présidente écrit « le commerce n’est pas une fin en soi. Je veillerai à ce que tout nouvel accord conclu comporte un chapitre consacré au développement durable et adhère aux normes les plus élevées de protection en matière de climat et d’environnement ». D’un côté, il y a ceux qui plaident en faveur de l’impact positif des accords pour la croissance économique, alors que les opposants soulignent l’intensification de la concurrence pour les producteurs européens, avec des produits qui peuvent ne pas respecter les normes environnementales et sanitaires. Le transport génère également des émissions de gaz à effet de serre (GES), rappelait encore Nicolas Hulot en septembre 2019 en dénonçant le CETA, même si d’autres experts observent que cela ne représente que 3,5% des GES mondiaux.

Mais est-ce qu’on ne se trompe pas de bataille
en voulant verdir des traités de libre-échange

alors qu’il faudrait encourager au sein de ces accords d’autres types d’action, plus contributives? L’agriculture biologique et raisonnée, les services éducatifs et créateurs de lien social sont fondamentalement bien plus contributifs et créateurs d’emploi et de bien-être, aussi bien pour les producteurs que les consommateurs. On peut aussi se poser la question de bon sens : est-il sain que les fruits et légumes que nous consommons 
aient parcouru en moyenne 2.400 km

? Pourquoi, par exemple, favoriser le commerce international de la viande quand on sait que 80% de la déforestation est due à l’élevage et l’alimentation animale ? Si aujourd’hui la croissance contributive est minoritaire, il est urgent de la favoriser pour qu’elle se développe, d’autant qu’elle est créatrice d’emplois et de répartition des richesses au nord comme au sud. Les accords internationaux devraient jouer ce rôle, et pas seulement à la marge. 

Si la croissance économique est la principale raison des accords multilatéraux, ne faut-il pas dissocier deux types de croissance et faire des accords courageux d’un point de vue environnemental ? La croissance peut avoir un impact négatif sur le social et l’environnemental. Il faudrait lui préférer une croissance contributive. 



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