Les entreprises sont au coeur de la transition climatique


Depuis quelques années les entreprises et leurs dirigeants ont pris peu à peu conscience de leur responsabilité sociale et environnementale. Elles ont réalisé que leur environnement n’était pas un acquis et qu’elles doivent s’en préoccuper sous peine de voir leur existence même remise en cause. 

Nous sommes passés de la maximisation des profits comme objectif unique à une performance plus globale intégrant les impacts sur les différentes parties prenantes (consommateurs, salariés, environnement,…). Comme le mentionne une récente étude du BCG, on est passé de l’ère du TSR (Total shareholders return) à celle du TSI (Total Social Impact). Et en tout état de cause, la puissance publique ne peut plus assurer seule la prise en compte de l’intérêt des parties prenantes autres que les actionnaires, tels que les consommateurs et les citoyens de manière générale.

Neutralité carbone

Dans ce cadre, les entreprises sont des acteurs majeurs de l’urgence de la transition climatique. Sans leur engagement, les politiques publiques de lutte contre le changement climatique resteront lettre morte. Les entreprises françaises ne sont pas à la traîne. L’étude du BCG montre que 83 % d’entre elles sont dans le segment des plus performantes en matière de responsabilité environnementale et sociale (RSE), ce qui nous place devant les pays scandinaves, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Mais du chemin reste à faire pour renforcer encore l’ambition. Une étude récente de Novethic souligne que seul 5 % du CAC 40 a une stratégie de neutralité carbone, contre 7 % pour le DOW30 américain et 8 % pour le FTSE 100 britannique.

L’évolution de la réglementation a bien évidemment un rôle déterminant. L’Union européenne a été la première grande économie à mettre en place des règles juridiquement contraignantes, en place depuis 2005. La France a notamment été pionnière en la matière dès les années 1970. Mais une simple logique punitive ne peut être suffisante et mobilisatrice. C’est en s’appuyant sur la motivation propre des entreprises, conscientes des évolutions des attentes de la société et de la recherche de sens des différents acteurs, et des enjeux d’innovation correspondants. Leur participation active aux Cop en est une illustration. 

Aujourd’hui, la majeure partie des entreprises, et en particulier les grands groupes qui ont un rôle particulier à jouer, ont intégré des politiques de responsabilité sociale et environnementale. Les initiatives sont nombreuses, mais sont-elles suffisantes à l’échelle de l’urgence ? Ne faudrait-il pas davantage les structurer et leur donner une cohérence, pour augmenter l’impact des différentes mesures prises, même s’il y a des initiatives par secteur ? Pour avoir un impact majeur, les politiques des entreprises doivent prendre en compte les conséquences de leurs activités sur les émissions de CO2…, externalités aujourd’hui peu ou pas assez prises en compte.

Investissement responsable

Pour ce faire, des politiques volontaristes sont nécessaires, entraînant parfois des transformations en profondeur, qui peuvent se trouver en contradiction avec les attentes de résultat à court terme de certains actionnaires. Si la masse d’investissement responsable dans le monde a beaucoup crû ces dernières années, la performance financière trimestrielle reste souvent le premier angle de lecture voire le seul horizon de la valorisation d’une entreprise. Le changement de perspective des investisseurs est un des enjeux clés qui permettront des initiatives suffisamment ambitieuses et en rupture pour répondre à l’ampleur du défi climatique.

La transition climatique demande un engagement massif des entreprises. Il a déjà commencé et de nombreux chefs d’entreprise s’y sont fortement engagés, mais cet engagement devra aussi être encouragé par les politiques publiques et soutenu par les actionnaires.



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