Le sida, une épidémie très politique


Publié pour la première fois en 2011 à la Cambridge University Press, l’essai « Aux origines du sida » signé par Jacques Pépin, infectiologue et épidémiologiste canadien, s’appuie sur une impressionnante documentation scientifique qui modifie radicalement notre vision de l’épidémie du sida. Cette grande synthèse de l’histoire du virus, réactualisée pour sa publication française, nous impose un triple déplacement d’interprétation : un déplacement temporel, un déplacement géographique et un déplacement du stigmate moraliste et raciste (rappelons-nous la thèse des 4 H qui accompagna l’irruption de l’épidémie : homosexuels, héroïnomanes, Haïtiens, hémophiles). Ce qui, au total, constitue une réécriture politique majeure de cette pandémie.

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D’abord, l’auteur abandonne deux hypothèses qui ont longtemps prévalu : celle d’une présence immémorielle d’un virus de l’immunodéficience simienne (VIS) et celle de l’identification états-unienne, datée du 25 Juin 1981, d’une maladie nouvelle décrite à partir de cinq patients homosexuels. L’existence de ce virus du singe n’aurait en fait précédé que de quelques centaines d’années son passage à l’homme. Le premier hôte de ce virus, désormais connu comme VIH-1, fut le chimpanzé Pan troglodytes troglodytes (dit Ptt), dont l’habitat en Afrique centrale est aujourd’hui bien circonscrit.

Pépin concentre ensuite ses recherches sur les trois premières décennies du XXe sièc

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L'Obs





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