La course au meilleur rookie : Ja Morant prend le large


Favori pour succéder à Luka Doncic pour le trophée de meilleur rookie, Zion Williamson ne devrait revenir qu’en fin d’année, une absence mise à profit par beaucoup d’autres débutants pour s’illustrer en ce début de campagne, à commencer par Ja Morant, leader d’une cuvée fort prometteuse (onze joueurs à 10 points et plus).

Après plus d’un mois de compétition, la promotion 2019 a en effet pu donner quelques bribes de son potentiel et si ses éléments connaissent des fortunes diverses, certains accusant du retard à l’allumage, cette cuvée ne déçoit globalement pas.

1. Ja Morant | Memphis Grizzlies

Stats : 18.6 points à 46% de réussite, dont 41% à 3-points, 3.2 rebonds, 6.4 passes, 1.4 interception et 3.4 ballons perdus en 29 minutes de jeu

Pour le moment, il n’y a pas match : numéro 2 de la dernière Draft, Ja Morant a pris le pouvoir de sa classe en l’absence de Zion Williamson. Après deux premières rencontres mitigées face au Heat et aux Bulls, le meneur des Grizzlies a montré tout sa classe dès sa troisième sortie face aux Nets et Kyrie Irving. Avec 30 points à 13/22 aux tirs et 9 passes, une prolongation arrachée presque à lui seul et le caviar décisif pour Jae Crowder, l’ancienne star de Murray State a ébloui et entamé une longue série de performances avec 22.3 points à 53% et près de 5 passes de moyenne lors des 4 rencontres suivantes.

Mieux, sur ces dernières sorties, Ja Morant a notamment conclu un autre grand match (23 pts à 10/15 et 11 pds) par le panier de la gagne contre les Hornets. Dommage que son dos le tiraille puisqu’il a rejoint l’infirmerie pour au moins une semaine.

Évidemment, il n’est pas encore régulier mais dans l’ensemble, Ja Morant impressionne par son sang-froid, son agressivité et sa facilité. En dehors des deux trublions que sont Doncic et Trae Young l’an passé (et encore le Hawk avait connu quelques difficultés en début de saison), rarement un meneur rookie n’a autant paru à son aise depuis Damian Lillard. Pour ne rien gâcher, les Grizzlies sont loin d’être ridicules même si la fin de mois a été compliquée, et le trio Jackson-Morant-Clarke est une excellente base pour repartir de l’avant.

2. Kendrick Nunn | Miami Heat

Stats : 16.4 points à 47%, dont 40% à 3-points, 2.4 rebonds, 3.2 passes, 1.3 interception et 2.2 ballons perdus en 29 minutes de jeu par match

C’est jusqu’ici la surprise de ce début de saison : non drafté l’an passé après un cursus universitaire compliqué par des frasques extra-basket, le meneur était bien passé dans le giron des Warriors en G-League où il fit les beaux jours de Santa Cruz (plus de 19 pts à 47% aux tirs par match) sans pour autant pouvoir intégrer la grande ligue au cours de la saison. Ses performances ne sont cependant pas passés inaperçues du côté de Heat et, encore une fois, Pat Riley a eu le nez creux.

Parmi les leaders offensifs de la franchise floridienne, c’est l’un des grands responsables de l’excellent début de saison des Floridiens (3e à l’Est, 13v-5d). Et s’il a connu quelques trous d’air début novembre, toutefois raisonnables pour un rookie (9.3 pts à 34.4% entre le 3 et le 8 novembre), il a depuis relevé la tête, à l’image du reste de l’équipe : 19.4 pts à 54% et 4.6 pds lors des cinq victoires consécutives de Miami. Apprécié du reste de l’équipe, le joueur de 24 ans a de beaux jours devant lui s’il poursuit sur sa lancée : « Il va sans aucun doute être dans ligue pendant longtemps mais j’espère qu’il fera partie de cette franchise pendant encore plus longtemps », a confié Jimmy Butler au Bleacher Report.

3. Eric Paschall | Golden State Warriors

Stats : 17 points à 50%, dont 27% à 3-points, 5.2 rebonds, 1.6 passe et 1.6 balle perdue en 31 minutes de jeu par match

S’il y a peu de raisons de se réjouir à l’heure actuelle chez les finalistes 2019, leur 41e choix de la dernière Draft représente une éclaircie bienvenue dans le brouillard de San Francisco. Avec Kendrick Nunn, Eric Paschall est clairement l’autre belle surprise de ce début de saison, à tel point qu’il est désormais le meilleur joueur des Warriors « valide ».

La fiabilité de son tir à mi-distance, sa capacité à percuter et sa mobilité impressionnent en attaque. Une relation s’est développée avec Draymond Green et le rookie, parmi les meilleurs joueurs de l’équipe sans ballon, commence à profiter des caviars de son aîné. En défense, en dehors d’un brin de naïveté inhérente aux rookies (et à une défense collective encore loin d’être établie), le joueur passé par Villanova est l’un de ceux qui contestent le plus de tirs.

Si le manque de profondeur de l’effectif peut expliquer et contribuer à sublimer sa production statistique, l’aisance de l’ailier-fort de 23 ans confirme que sa place est bel et bien dans la ligue.

4. R.J. Barrett | New York Knicks

Stats : 15.3 points à 42%, dont 34% à 3-points, 5.4 rebonds, 3.5 passes, 1.4 interception et 2.7 ballons perdus en 33 minutes de jeu par match

Si le contexte newyorkais n’a rien de simple, R.J. Barrett fait ce qu’il peut. L’arrière-ailier canadien est un joueur qui a besoin de structure, une qualité oubliée des Knicks depuis le siècle dernier, et s’il s’est montré à son avantage lors des premières rencontres, son temps de jeu conséquent (37 min de jeu en moyenne lors des 7 premiers matchs) semble quelque peu l’avoir fatigué pour la suite du mois. Pour autant, l’ancien ailier de Duke ne s’économise pas et même avec une adresse très fluctuante, son investissement dans les autres secteurs du jeu est indispensable aux Knicks, qu’il s’agisse de son rebond, sa présence physique ou sa création. Pour le moment, l’ancien de Duke connait donc des hauts et des bas et l’un des axes de progression sera notamment les lancers-francs : 51% seulement pour l’instant alors qu’il est le rookie qui en tire le plus par match.

 

5. Tyler Herro | Miami Heat

Stats : 15.1 points à 46%, dont 41% à 3-points, 4.2 rebonds, 2.2 passes et 2.3 balles perdues en 30 minutes de jeu par match

Aux côtés de Kendrick Nunn, le Heat peut être ravi d’avoir un autre rookie aux dents longues en la personne de Tyler Herro, déjà l’un des arrières-shooteurs les plus productifs de la ligue. Éblouissant dès son 4e match professionnel, l’ancien joueur de Kentucky fascine déjà par la polyvalence de son jeu : loin de n’être qu’un shooteur, il montre une propension à percuter et provoquer des fautes et c’est rare pour un joueur de son âge ; capable de créer, il se montre particulièrement précieux en sortie de banc pour sanctionner les remplaçants adverses. Sa défense reste l’une de ses lacunes mais son investissement n’est pas en cause. Il lui faudra également prendre davantage soin du ballon mais on peut compter sur la discipline du Heat pour le lui inculquer.

Mentions : Rui Hachimura, Brandon Clarke, Coby White, P.J. Washington, Nicolo Melli…



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