Fiona Hyslop: « l’Ecosse a toute sa place en Europe »


A deux semaines du scrutin législatif en Grande-Bretagne, la Secrétaire d’Etat écossaise aux Affaires extérieures, Fiona Hyslop, ne ménage pas ses critiques sur le Brexit. 

Selon elle, l’accord que cherche à négocier Boris Johnson avec Bruxelles serait néfaste pour Edimbourg. « Lors du référendum de 2016 sur le Brexit, une large majorité d’Ecossais, soit 62%, a voté pour que le Royaume Uni reste dans l’Union. Et pourtant, nous n’obtenons rien de cet accord, qui va contre les intérêts de l’Ecosse». 

La libre circulation des personnes constitue en effet un avantage majeur: « Sa suppression aurait des effets très négatifs. Nous avons donc lancé une campagne pour aider les ressortissants d’autres pays à rester en Ecosse ( « Stay in Scotland ») après que le Brexit aura pris effet.» Surtout, le fait que l’échéance ne cesse de bouger « est une source de frustration car il est difficile de planifier et prédire quoi que ce soit dans ce contexte. » 

 Elle envisage la possibilité d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse qui s’est, historiquement, sentie plus proche du Continent que ne l’est l’Angleterre. 

Ce référendum est considéré comme légitime dès lors que le Brexit contraint les Ecossais à quitter l’Union contre leurs voeux. Il pourrait porter sur une éventuelle indépendance accompagnée d’une adhésion à l’Union Européenne, ou du moins une forme d’union douanière. 

 Contrairement au référendum de 2014, où les indépendantistes n’avaient pas obtenu gain de cause, elle estime qu’un nouveau vote donnerait un résultat tout à fait différent : « Le Brexit a totalement changé la donne. La majorité des Ecossais a voté contre l’indépendance en 2014 précisément parce qu’ils voulaient rester au sein de l’Union Européenne. » 

Ils ont des atouts à défendre, notamment dans les exportations pétrolières et industrielles, le tourisme et l’agro-alimentaire : whisky et langoustines de la Mer du Nord, « dont les Français sont particulièrement friands », dit-elle malicieusement. L’écologie et la culture sont deux autres  fers de lance pour l’Ecosse. 

En 2020, Glasgow accueillera la COP26, et le parlement Ecossais a récemment voté une législation très rigoureuse sur la question du réchauffement climatique. Fiona Hyslop réitère la détermination de l’Ecosse à « prendre nos responsabilités globales sur ces questions.» 

Pour elle, la culture est un actif stratégique « et ne relève pas de la puissance douce. Au contraire, c’est une ressource porteuse de force. » Edimbourg, par exemple,  accueille tous les étés l’un des plus grand festivals artistiques au monde. Et, quand Fiona Hyslop parle de cinéma, elle articule une vision proche de celle que défend historiquement la France sur les questions audiovisuelles. « Nous souhaitons développer le secteur du cinéma, et encourager la production locale face au phénomène Netflix. »



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