Bertrand Piccard, un chevalier du possible



Le Possible est un pays.
Et cet homme-là est son explorateur.

Il faut dire que dans sa famille, la curiosité est une maladie congénitale. 

L’arrière grand père Auguste Piccard (1884-1962) grimpa jusqu’à 15.781 mètres en ballon (record du monde) avant de plonger dans le Pacifique 10.916 mètres (autre record du monde) avec son bathyscaphe. Autre titre de gloire, et non des moindres, il aurait inspiré Hergé pour son personnage du… professeur Tournesol. 

Jacques, le père (1922-2008 ), se soucie, comme Jacques-Yves Cousteau, d’informer le grand public sur les périls qui menacent les eaux de notre planète. C’est ainsi qu’il conçoit un sous marin touristique qui fera découvrir à plus de 30.000 « touristes » les fonds du lac Léman. Un autre de ses sous marins dérivera tout du long du Gulf stream pour mieux le connaître. 

Betrand (né en 1958) choisit d’abord un autre domaine de jeu, beaucoup plus moins lointain, et nettement moins vaste, mais terra tout aussi incognita : notre cerveau. Il devient médecin psychiatre, en même temps qu’il parcourt les airs en parapente, montgolfière et et deltaplane. 

Après deux tentatives malheureuses, aux péripéties dignes du meilleur Jules Verne, il boucle en 1999 le premier tour du monde en ballon sans escale : 19 jours , 21 heures et 47 minutes auront suffi ! 

Et maintenant le soleil !

Un autre projet déjà le porte: avec l’école polytechnique de Lausanne et le pilote André Borschberg, un avion solaire, animé par les rayonnements de notre bonne étoile. Comme l’indique son nom: Solar impulse. Entre mars 2015 et juillet 2016, cet incroyable appareil va tourner autour de notre Terre. Imaginez que Bertrand et André ont réussi à traverser… le Pacifique. Cinq jours et cinq nuits pour parcourir 8.900 kilomètres. L’énergie accumulée par la lumière du jour permettant de sauter par dessus la nuit suivante. 

Ce voyage ne ressemble pas aux autres. Il ne s’agit plus de vouloir mieux connaître le monde tel qu’il est mais de prouver qu’un autre monde est possible. Grâce à des technologies propres d’ores et déjà disponibles, moins méchantes pour l’environnement. Pourquoi ne pas les utiliser ? 

Une Fondation va recenser ces technologies et prouver leur efficacité. Dernier exploit de notre infatigable Bertrand ?
Un autre record du monde, utile au monde: 778 kilomètres avec une voiture à hydrogène.

La preuve qu’un autre mode de transport est possible, et pratique, et sans consommer le moindre gramme de combustibles fossiles. 

Et revoici notre psychiatre. Le possible est partout. Le frein est en nous. Pourquoi pas ? Souvenez vous . C’était le nom choisi pour ses bateaux par un autre explorateur, et lequel : Jean Baptiste Charcot ! 

Pourquoi pas ? Telle est la devise des chevaliers du Possible. Et puisque membre de l’Académie française, donc co-fabricant du dictionnaire, (et par ailleurs successeur de Jacques-Yves Cousteau au 17ème fauteuil), je vous propose un néologisme. Devenons, tel Bertrand, un géonaute, marin de ce vaisseau spatial qu’est notre planète.



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