le sondage que Villani a préféré ne pas publier


Qui incarnera l’alternative à Anne Hidalgo ? C’est tout l’enjeu du début de la campagne des élections municipales à Paris. Et comme il n’y a rien de tel qu’un bon sondage pour crédibiliser une candidature, les enquêtes d’opinion sont scrutées de près. C’est encore plus vrai à La République en Marche, où le duel fratricide entre Benjamin Griveaux, le candidat officiel, et Cédric Villani, parti en dissidence, devrait être arbitré par les dynamiques sondagières.

Comment Hidalgo cajole Villani

Or, selon une enquête Ifop commandée par Cédric Villani, la division au sein de la majorité présidentielle fait surtout le jeu… de la maire sortante. C’est ce que montre ce sondage réalisé du 4 au 8 novembre auprès d’un échantillon de 1055 personnes (marge d’erreur comprise entre 1,5 et 2,5 points), et rendu public vendredi 29 novembre par l’Opinion.

Anne Hidalgo (Parti socialiste) est ainsi créditée de 22% des intentions de vote des parisiens. Derrière elle, trois listes font jeu égal. Ce sont celles de Rachida Dati (LR, droite), de Benjamin Griveaux (LREM, centre) et de David Belliard (EELV, écologiste), tous situés par l’Ifop à 15,5% ou 16% des voix.

Cédric Villani est crédité de 12%, tandis que les listes de Danielle Simonnet (France insoumise) et de Serge Federbusch (soutenu par le Rassemblement national, extrême droite) sont à 5,5%.

Ni Gaspard Gantzer (divers gauche, 1%), ni Pierre-Yves Bournazel (Agir, centre-droit, 4%) ne parviennent à percer. Le renoncement de ces deux derniers candidats profiteraient légèrement à Cédric Villani et à Rachida Dati, qui dans ce scenario passeraient à 14,5% et 18% des intentions de vote.

Cédric Villani, un candidat qui ne rentre pas dans les cases

L’Ifop a aussi testé l’hypothèse d’un abandon de Benjamin Griveaux. Ses voix ne se reporteraient pas intégralement sur son collègue député LREM, loin de là : Cédric Villani rassemblerait alors 18% des intentions de vote, en troisième position derrière Anne Hidalgo (24%) et Rachida Dati (21%).

Rachida Dati à Paris, la candidate kamikaze

Et dans l’hypothèse d’un abandon de Cédric Villani, Benjamin Griveaux serait deuxième, avec 21%, toujours derrière Anne Hidalgo (24%) mais devant Rachida Dati (18,5% pour l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy).

Ces intentions de vote sont à relativiser car l’élection municipale se joue dans chacun des arrondissements parisiens. L’issue du scrutin dépendra aussi des alliances de second tour, or Anne Hidalgo pourra s’allier aux écologistes, avec qui elle dirige la ville depuis 2014.

Sondage Ifop pour Cédric Villani réalisé auprès d’un échantillon de 1055 personnes (dont 958 inscrites sur les listes électorales), représentatif de la population parisienne, 4 au 8 novembre.

L'Obs





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