Erdogan juge Macron en « état de mort cérébrale », Paris riposte



Reprenant les déclarations de son homologue français qui avait estimé l’Otan en état de “mort cérébrale” et avait appelé à revoir la stratégie de l’Alliance, le président turc s’est livré vendredi à une véhémente charge. ​Paris a aussitôt riposté en convoquant l’ambassadeur de Turquie vendredi soir au Quai d’Orsay.

La critique du président turc est “sévère”, juge Hurriyet. Au lendemain de critiques de son homologue français contre l’opération militaire turque en Syrie et à quelques jours d’un sommet de l’Otan, Recep Tayyip Erdogan s’en est vertement pris à Emmanuel Macron, vendredi 29 novembre, l’exhortant à vérifier sa propre “mort cérébrale” avant d’évoquer celle de l’Alliance.

S’exprimant depuis Istanbul, à l’occasion d’une cérémonie d’inauguration d’un complexe universitaire, Recep Tayyip Erdogan a lancé :

M. Macron je vous le dit depuis la Turquie et je le dirai aussi à l’Otan : vous devriez d’abord vérifier votre propre état de mort cérébrale.”

Un écho aux propos d’Emmanuel Macron dans The Economist le 7 novembre, selon lequel l’Otan souffrait d’une “mort cérébrale”, recontextualise le quotidien turc. Propos que le président français a d’ailleurs maintenus jeudi, se félicitant à l’issue d’un entretien à l’Élysée avec le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, d’avoir “réveillé” l’Otan.

“Insultes”

Mais pour Hurriyet, la véritable “raison de la colère” du président turc “est que le président français a soutenu”, lors de cette conférence de presse jeudi, “que la Turquie ne devrait pas s’attendre à la solidarité et au soutien des alliés après son opération unilatérale en Syrie”. 

L’invective de Recep Tayyip Erdogan ne s’est pas arrêtée là. “Semblant commenter une affirmation d’Emmanuel Macron, qui (au côté de) Jens Stoltenberg a estimé que le terrorisme – et non la Russie ou la Chine – est l’ennemi commun de l’Otan”, comme l’écrit Politico Europe, le président turc a fustigé son homologue français :

Croyez-moi, il est tellement inexpérimenté. Il ne sait pas ce qu’est la lutte contre le terrorisme. C’est pourquoi le mouvement des gilets jaunes a envahi presque toute la France. Il n’a pas réussi à faire respecter les droits de ses propres citoyens.”

Paris a promptement riposté en convoquant vendredi soir au ministère des Affaires étrangères l’ambassadeur de Turquie pour expliquer les propos de M. Erdogan. “Soyons clairs, ce n’est pas une déclaration, ce sont des insultes”, a réagi la présidence française au sujet de ce qu’elle a qualifié de “dernier excès” en date de M. Erdogan.

“Le différend s’aggrave”

Le Financial Times rappelle que M. Erdogan, “un dirigeant populiste réputé pour sa rhétorique enflammée, a souvent ferraillé avec d’autres dirigeants européens” : en 2017, il avait qualifié de “fasciste” le gouvernement néerlandais et avait accusé la chancelière allemande Angela Merkel de “pratiques nazies”.

“Le différend sur l’invasion turque de la Syrie s’aggrave alors que l’Alliance s’apprête à se réunir à Londres”, conclut le journal économique. Les dirigeants turcs et français doivent se retrouver, en marge des célébrations des 70 ans de l’Alliance dans la capitale britannique les 4 et 5 décembre, pour parler de la Syrie avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

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