Édouard Philippe, meilleur ennemi d’Emmanuel Macron



Le danger ne vient pas toujours de là où on l’attend. Pour cet hebdomadaire conservateur britannique, Macron aurait plus à craindre de son Premier ministre, candidat qui peut séduire l’électorat à droite comme à gauche, que de l’extrême droite pour le prochain scrutin présidentiel.

Emmanuel Macron est à la moitié de son mandat présidentiel, et les Français, déçus par ses promesses, s’interrogent déjà sur la suite. Tout ce qui a fini par les agacer chez Macron est confirmé et même souligné par un autre homme – mais si, vous voyez, le grand, là, qu’on voit toujours sur sa droite. Car la pire menace pour le président français actuellement n’est pas Marine Le Pen, c’est son propre Premier ministre, de plus en plus populaire.

Rien d’étonnant. Édouard Philippe est sans doute le meilleur Premier ministre qu’ait connu la France contemporaine. Et, si cruel cela soit-il, il est tout ce qu’Emmanuel Macron n’est pas. Sans prétention, sobre et naturel, ce Normand de 1,94 mètre a l’esprit vif et pratique la boxe deux fois par semaine. Père de trois enfants, il s’est formé à la politique du quotidien en tant que maire du Havre, une ville ouvrière où son grand-père était docker, et ses parents instituteurs.

Dans les crises et comme à travers les réformes, le Premier ministre a montré sa capacité à se retrousser les manches et à mettre les mains dans le cambouis. Résultat, sa cote de popularité atteint aujourd’hui 41 % – c’est quatre points de plus que Macron.

Les ambitions personnelles avant l’intérêt national

À l’approche de la présidentielle de 2022, Édouard Philippe se dessine même comme un candidat plus solide pour affronter Marine Le Pen et mener ensuite la bataille des législatives. Mais Macron va-t-il le laisser faire ? Sans doute pas. La France pourrait voir ainsi mis en balance l’intérêt national d’un côté et les ambitions personnelles du chef de l’État de l’autre.

Depuis la victoire écrasante de Macron en 2017 aux deux scrutins successifs, il n’y a plus en France de facto d’opposition digne de ce nom. Le parti centriste qu’il a fondé, La République en marche (LREM), détient aujourd’hui 308 sièges et la majorité à l’Assemblée nationale, après avoir réduit à 30 députés le Parti socialiste, au pouvoir lors du mandat précédent, et à 112 Les Républicains. Quant à Le Pen, en dépit de sa place de poids lourd médiatique, sa formation n’a fait élire que 8 députés.

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Gareth Murphy

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“Le Spectateur” est une institution de la presse britannique. Fondé en 1828, c’est le journal de référence des intellectuels et dirigeants conservateurs, mais aussi des eurosceptiques : The Specactor a soutenu la sortie de l’Union

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