On ne pouvait pas le rater. Elle commande une pizza (en appelant la police) et sauve sa maman des coups d’un homme


Une femme prostrée se protége des coups d’un homme. Photo d’illustration. (MAXPPP)

Cinq jours après la manifestation #Noustoutes dans toute la France, trois jours après la clôture du Grenelle contre les violences faites aux femmes, nous sommes aux États-Unis, dans l’Ohio. Une enfant, appelons-là Emma, passe un coup de fil, elle souhaite commander une pizza, un homme lui répond : « Vous appelez le 911 pour commander une pizza ? » Emma répond timidement : « Oui ». Le 911 c’est le numéro d’urgence aux États-Unis, l’équivalent de notre 15 notre 18 ou notre 112 à nous. L’échange se poursuit : « Ce n’est pas le bon numéro pour commander une pizza… »  Elle dit : « Non, non, non, non, vous ne comprenez pas… » L’homme du 911 répond : « Ça y est, je vous comprends, j’ai compris. »

L’opérateur comprend, Emma veut se sauver, ou sauver quelqu’un, sa maman en l’occurence. Il demande des précisions : « Est-ce que la personne violente est encore dans la pièce ? » Emma tremble, elle répond, elle insiste : « Oui, j’ai besoin d’une grande pizza. »  « A-t-elle besoin d’un médecin également ? Elle répond  : « Non. Sans pepperoni ».

Dans la pièce à côté, chaque minute compte pour la maman d’Emma. L’opérateur a localisé la maison, il prévient ses collègues : « Éteignez vos sirènes et allez-y. » À leur arrivée, un homme proche de la maman d’Emma est arrêté. Il a 56 ans et serait entré ivre dans la maison, l’aurait frappée à coups de poing, poussée contre un mur et menacée de beaucoup plus. Il a été arrêté. Il nie les faits.

Cette technique de la « pizza pepperoni » avait été diffusée par une association à une mi-temps du Super Bowl en 2015. Mais chacun peut trouver son code à lui pour signaler des violences sans être repéré, rappelle le policier. Quand il est difficile de parler, c’est à nous d’écouter, dit-il. 



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