Immigration économique : les syndicats très critiques sur le projet de quotas



Une concertation, mais pour quoi faire ? Les syndicats n’ont pas caché leurs interrogations, pour ne pas dire plus, ce jeudi à la sortie, en fin d’après-midi, de la première séance d’échanges avec le ministère du Travail sur l’immigration professionnelle. Au point de laisser planer le doute sur leur participation au deuxième rendez-vous, prévu en janvier, la conclusion des travaux étant attendue au printemps.

Le gouvernement a levé le tabou
des quotas professionnels

, un sujet ultra sensible, en présentant sa politique migratoire début novembre. L’objectif est de fixer des objectifs chiffrés par métiers et régions pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre dont se plaint une PME sur deux, sans dépasser le nombre de titres de séjours délivrés actuellement, 33.000 environ. Les listes de ces métiers – 
la dernière en vigueur date de 2011

– seront débattues chaque année au Parlement dès 2020, a annoncé l’exécutif. Egalement visée, la simplification des démarches administratives pour l’employeur.

Cadre politique non négociable

Le cadre politique étant fixé, et donc non négociable, les partenaires sociaux et les représentants des régions ont été invités à débattre de la façon de construire les listes. Après une déclaration préliminaire, la CGT a quitté la séance dénonçant dans un communiqué « une logique de tri sélectif des migrants », des « centaines de milliers de travailleurs privés de titres de séjour » et « des demandeurs d’asile privés d’autorisation de travailler, des saisonniers agricoles victimes de la traite des êtres humains ».

Les représentants de FO sont restés, mais affichent la même opposition à ce qu’ils perçoivent comme une « marchandisation des travailleurs »« La question des métiers en tension s’inscrit dans celle plus vaste des politiques de l’emploi et de la revalorisation de métiers souvent mal payés », a déclaré Marjorie Alexandre, secrétaire confédérale en charge de l’international, de l’Europe et de l’immigration.

Surtout, les syndicats se sont demandé ce qu’ils étaient venus faire, deux jours à peine après avoir été invités et sans qu’aucun document de travail ne leur ait été envoyé. « On a l’impression qu’ils découvrent les métiers en tension. A quoi cela sert, c’est la grande question. Si nous sommes là uniquement pour valider les documents sur table, pas sûr qu’on revienne », a réagi Eric Courpotin, secrétaire confédéral de la CFTC.



A lire aussi

Laisser un commentaire