Dépenses de santé : où se situe la France par rapport à ses voisins européens ?



En matière de santé, la France n’est pas avare. Selon
les données publiées jeudi par la Commission européenne et l’OCDE

le pays est même un des plus dépensiers comparé à ses voisins européens. En 2017, 11,3 % du PIB était consacré aux dépenses de santé, soit la part la plus élevée de l’Union européenne avec l’Allemagne.

Au total, 3.626 euros ont été dépensés par habitant en termes de santé. Un chiffre 25 % plus élevé que la moyenne européenne fixée à 2.884 euros par habitant. Toutefois plusieurs pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark dépensent plus.

L’hôpital, principal poste de dépenses

Le plus grand poste de dépenses de santé en France correspond aux soins hospitaliers dans les secteurs privés et publics souligne l’étude. Un tiers de l’ensemble des dépenses de santé de 2017 leur a ainsi été consacré, soit une part plus élevée que la moyenne de l’Union européenne de 29 %. Viennent ensuite les soins de ville, qui représentent également un quart du budget.

Reste que cette distribution des dépenses n’a pas permis au pays d’éviter la crise que traverse actuellement l’hôpital. Alors que le gouvernement a annoncé que
l’enveloppe budgétaire des hôpitaux augmenterait d’1, 5 milliards sur trois ans et que l’Etat reprendrait 10 milliards de leur dette

, le collectif Inter-Urgences, à l’origine de la mobilisation, appelle à une nouvelle journée d’action samedi.

Moins de médecins par habitant

Pour la Commission européenne et l’OCDE la solution est notamment à chercher du côté de la prévention. « Les dépenses consacrées à la prévention représentaient moins de 2 % de l’ensemble des dépenses de santé, soit une part inférieure aux 3,1 % de moyenne de l’UE », détaille l’étude. Dans le même temps, le vieillissement de la population entraînera nécessairement une hausse de la demande en soins de santé et de longue durée en France.

Par ailleurs, l’étude souligne la nécessité de mieux coordonner les soins dispensés en ville, notamment via la promotion des maisons de santé. Elles permettent aux médecins d’exercer leur activité dans un lieu commun, plutôt que seul. En 2017, on comptait 910 maisons de santé en France. Un nombre qui devrait doubler d’ici 2022.

Autre enjeu : augmenter le nombre de médecins afin de réduire la pression sur les hôpitaux. « En 2017, la France comptait 3,2 médecins pour 1.000 habitants, contre 3,6 en moyenne dans l’UE », détaille l’étude. Au total selon les estimations 5,4 millions de personnes, soit 8 % de la population, vivent dans des zones où l’accès à un médecin généraliste est limité. Sans alternative, ils se tournent alors régulièrement vers les
urgences engorgées

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