le Mexique, pays en guerre


Des militaires et des policiers fouillent les véhicules à la recherche du Français qui avait été enlevé au sud ouest de Toluca dans le centre du Mexique, le 25 novembre 2019. (MARIO VAZQUEZ / AFP)

C’est à Zinacantepec, à 80 km de Mexico, que dimanche 24 novembre, un Français a été enlevé et rançonné, avant d’être libéré 24 heures plus tard. Ce Français, Frédéric Michel, est l’une des 1 700 personnes enlevées depuis le début de l’année au Mexique, et c’est un record. Autre record, autre chiffre : celui des homicides, qui pourrait dépasser en 2019 les presque 35 000 meurtres recensés en 2018. En comparaison, la guerre en Syrie a fait 20 000 morts l’an passé.

On trouve des militaires, policiers, magistrats, journalistes, narcos évidemment, parmi les victimes ; des milliers d’innocents, hommes, femmes et enfants. Toutes et tous abattus, mitraillés, pendus, démembrés, enterrés, dissous dans l’acide… parce que pris dans une guerre qui oppose une dizaine de cartels de la drogue entre eux, et contre les autorités.

Des autorités dépassées par la violence des cartels, à l’image de ce qui s’est joué en octobre dernier, dans la ville de Culiacán, la capitale de l’État du Sinaloa : huit morts dans un véritable épisode de combat urbain, entre les forces de l’ordre et le cartel de Sinaloa. Les narcos ont obtenu ce qu’ils voulaient : la libération de l’un des 11 fils du trafiquant et chef du cartel, El Chapo. Les images qu’on a pu voir sur les réseaux sociaux, parfois filmées par les narcos eux-mêmes, sont édifiantes, mais habituelles depuis le milieu des années 2000.

Le trafic de drogue entre les États-Unis et le Mexique représente des dizaines de milliards de dollars chaque année. Un trafic que le mur de Trump à la frontière, malgré les promesses présidentielles, n’endiguera pas, puisque 90% de la drogue entrant aux États-Unis passent dissimulés dans des camions aux postes-frontières, et pas par des tunnels ou des chemins clandestins.

Et pendant que le trafic augmente, pendant que les meurtres explosent (98 par jour en moyenne en 2018), un autre secteur engrange des records : le tourisme. Le Mexique n’a jamais accueilli autant de voyageurs : 40 millions en 2017.



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