Elments pour la « Guerre chaude »


Dans l’article Après la Guerre froide : la Guerre chaude, on voyait que « la Guerre chaude » avait lieu parce que nous accueillons tous volontairement trop de déferlantes médiatiques chez nous (à lire) – de la télévision à Internet – de telle sorte que nous ne nous sentions plus bien extra muros … Il faut y ajouter quelques éléments encore.




Source : site de wallpapers, image inspirée par
l’héroïne Rey, dans la nouvelle trilogie Star Wars (Disney, 2015-2019)

 

 

Trois éléments à ajouter :

  1. Le surféminisme idéologique ;
  2. L’économisme moral ;
  3. Le post-oecuménisme religieux.

 

1. Le surféminisme idéologique

Faut-il vraiment s’attarder sur la question sous AgoraVox, quand on a l’occasion d’y lire nombre d’articles critiques de ce qui nous est aujourd’hui présenté pour du « féminisme » ? … Encore récemment, dans des discussions néo-celtiques, je débrouillais la question, tant nous confondons publiquement les féminismes avec pléthore d’autres idéologies qu’ils croient devoir charrier, ou bien qui s’en servent comme des sangsues pour prospérer.

Le féminisme est un phénomène strictement contemporain, daté du XIXème siècle, dans la mesure où il prend l’exact relai (en l’aboutissant) des revendications démocratiques libérales égalitaires. Tous les féminismes ont en commun, de militer pour l’égalisation sociojuridique des conditions sexuelles. Cela, précisément dans le contexte où les (r)évolutions politiques-industrielles n’ont pas voulu aller au bout de leurs logiques : quand on prétend instaurer l’égalité en droits, on ne l’instaure que pour les hommes, au prix d’une flagrante contradiction de principes. C’est là que le féminisme trouve sa place, du XIXème siècle au coeur du XXème siècle, engendrant de lui-même une interrogation intéressante sur l’éthide des sexes (Ethique au sens spinozien).

Mais, collatéralement, le féminisme est devenu un confusionnisme : il est entré en surfusion, désormais surféministe comme on dit ultraféminisme, néoféminisme, etc. :

  1. il est insensé que le féminisme se prétende un pacifisme (les femmes prétendues plus pacifiques que les hommes) quand l’égalité leur permet d’exercer des postes militaires, par exemple ;
  2. il est insensé qu’on prétende la PMA, la GPA et l’utérus artificiel à l’étude, être des féminismes, quand ils sont en fait du transhumanisme (la pilule et l’avortement tenant du contrôle des naissances encore seulement) ;
  3. il est insensé de rattacher le transgenrisme au féminisme, puisque par définition il devrait déconstruire le féminin avec lui (c’est se tirer une balle dans le pied, alors certes qu’on escomptait seulement dénoter des clichés de genre féminin) ;
  4. il est insensé de vouloir amorcer un processus maternaliste, matriarchique et/ou gynocratique, quand on se prétend féministe, puisque tout partait de l’égalisation sociojuridique des conditions ;
  5. il est insensé de rattacher le féminisme aux questions sanitaires de la contraception et du SIDA, dans le cadre post-« libération sexuelle », puisque cette « libération » est avant tout un antitraditionnalisme moral, morale licencieuse.
  • Où donc, l’on voit qu’il y a pléthore de féminismes qui ne sont de loin pas tous d’accord entre eux, à caractère plus ou moins pacifistes, transhumanistes, transgenristes, gynarchiste (néosexiste/post-phallocratiste), hygiénistes et moralement antitraditionnalistes.

La confusion est totale, les esprits devenus « cons » fourrent nos sociétés « dans la chatte à sa mère » … Ce qui, en définitive, cultive éminemment le soiïsme évoqué dans l’article original Après la Guerre froide : la Guerre chaude … où on lisait que c’était un mot un peu difficile à prononcer et à écrire, mais qui dit très bien ce dont il retourne.

Le concepteur du soiïsme, le psychologue Jean-Léon Beauvois, explique :

  • Les évolutions récentes ont produit dans la population une forme d’individualisme à ce point dégradée, coupée de ses racines libératrices et propice aux influences et manipulations de toutes sortes qu’il vaut mieux faire appel à un autre concept : le soïïsme, forme frimeuse et châtrée de l’individualisme.
  • La personne est un concept complet, juridique, moral, biologique, social et psychologique, alors que le soi n’est, lui, « que psychologique ». Il n’est même qu’une partie de la personne psychologique qui lui permet de se représenter la façon dont elle peut se voir et, surtout, de se présenter à autrui.
  • Résultat : si l’individualiste prônait le droit des personnes à se défendre contre les atteintes totalitaires à leurs droits à la liberté individuelle, le soïïste revendique individuellement celui de disposer d’un soi étincelant. Ou comment mieux ouvrir la porte aux tentations de la société de consommation, délivrant ici et là des produits supposés aider à « être soi-même »… et à rester aveugle sur les véritables marges de manœuvre dont nous disposons.
  • La menace nous exposerait également aux harceleurs de toutes sortes, auxquels nous aurions « vendu » le droit de définir qui nous sommes et ce que nous valons. Si ce « soïïste » n’est que théorique, caricaturé par le psychologue, ces penchants seraient susceptibles de nous concerner tous.

A mettre en relation avec la notion de perversion narcissque (pour ceux qui voudraient y réfléchir, il y a des topics sur des forums, par exemple là – fil à suivre). Et cette Guerre chaude a lieu jusque chez soi, justement dans la chaleur du foyer « grâce au miracle d’Internet », dans nos homes sweet homes, alors que nous faisons – comme disent les marketers, – du cocooning et du housing. Tout cela nous rend susceptibles au possible, alors que nous ne voulons pas supporter les incursions d’autrui que nous autorisons pourtant, dès lors que nous ouvrons notre navigateur Internet.

C’est que « nos petits corps » sont largement mis en scène par les publicitaires, à travers le corps féminin désiré par beaucoup d’hommes et bichonné par bien des femmes ainsi consumérisées ; mais aussi … le corps enfantin, mignon avec des bestioles. C’est pédophiloïde.

On voit alors que, en plus des féminismes évoqués ci-dessus, concomittamment, il y a un féminisme consumériste, à travers la valorisation abusive de la working-girl ayant acquis des clichés de genre masculin. Femmes « phalliques », concurrentielles sur les marchés, potentiellement grandes acheteuses, d’autant plus quand elles divorcent, avec des enfants mignons et des bestioles encore plus mignonnes.

De façon parfaitement glauque, il y a là tout un neo-family business très rentable … où, on le voit bien, la femme réelle « n’intéresse personne » en dehors des beaux discours politiciens, quand c’est une Gilet(te) jaune monoparentale galérant au chômage, avec enfants à charge parce que la justice surféministe se défie illogiquement des pères selon ses propres clichés de genre.

Guerre chaude, quand tu nous « enconnes » … !

 

2. L’économisme moral

Moral, l’économisme ? … Ils (et elles) seront nombreux à prendre la notion d’économisme moral pour un oxymore (une contradiction dans les termes). Et pourtant, il y a un économisme moral au sens d’une morale de l’économie-reine, si vous préférez. Nous avons intérêt à en tirer les leçons moralisatrices, car elles façonnent nos moeurs et, après tout, il s’agit de les déconstruire, non ? … Cela dit, cet article ne serait pas le premier à critiquer « l’économie-reine ». Reine-matriarche de la ruche-mondialisée.

C’est qu’il faut bien comprendre la façon dont elle arraisonne pour elle-même, ce qu’il est convenu d’appeler le Droit. Comme son nom l’indique, le Droit est ce qui est droit, impliquant un sens de la vérité et une rectitude. Mais, quand ce sont les « fluctuations des marchés », qui dominent, on n’a plus bien les pieds sur terre. Ce qui règne au contraire, ce sont des réglementations facilitant « le jeu économique », c’est-à-dire des négociations et des accords commerciaux. Commerce qui, comme son nom l’indique, s’amène avec des marchandises avec autrui (co-merc, mercantile > marché > marchandise), de façon relative à chaque intention/situation commerciale. Relativisme extrême.

Il y a une Critique de la raison commerciale qui reste à écrire, où l’on apprendrait, sommairement, que la raison comerciale pratique l’arraisonnement, c’est-à-dire aussi l’abordage, de tous et de tout. Il y est question de raisonner pour dealer et – pour le meilleur et pour le pire – de se faire une raison quant aux rapports de forces économiques en place, à l’ajustement plus ou moins libre des prix, et ainsi de suite. La raison commerciale est une raison qui abdique la raison, tolère les cartels oligopolistiques, les mafias aussi évidemment, au nom de la raison-même ! c’est une raison qui, comme on voit, n’est pas sans raison puisqu’il y est question de compromis(sions) utiles voire nécessaires, effectivement, dans le commerce au moins. Voilà bien toute une morale, véreuse, en vérité.

Et cette morale est schizophrénique par cela-même qu’elle se fait une raison de renoncer à la raison pour ses bonnes raisons commerciales. De soi, la monnaie elle-même est l’élément schizophrénique par excellence : garantissant une égalité d’accès à tou(te)s par les marchés, où une unité monétaire est une unité monétaire, mathématiquement … elle assure aussi bien l’inégalité de succès. Une somme bien investie, est bien investie par chance, mais aussi avant tout parce qu’auparavant il y avait déjà d’autres sommes, permettant de rémunérer services juridiques et études de marché, de sorte à bien la placer. L’argent appelle l’argent, selon l’adage, or il l’appelle d’autant plus que le Droit a perdu son sens de droiture, de droite raison, au profit du profit. Tautologie d’un monde qui se résume à ses conditions d’existence, en prétendant encore qu’elles sont ses aspirations ultimes, concrètement.

L’économie, c’est l’oikonomia, la domesticité, la gestion des biens privés, au sens propre. Ce qui signifie donc que nous vivons dans un monde suprêmement basique. Encore une fois, c’est toute une morale : économisme de nos moeurs, où les recrutés manipulent les capitaux d’autrui recruteur, à la fin, même par délégation-encadrement. Un économisme qui certes, fonctionne sur la base d’avarices particulières, mais aussi sur la base des bureaucraties de grandes entreprises et d’Etats, Etats qui instaurent la nécessité bureaucratique afin d’impôt. Mais les grandes entreprises comprennent bien pourquoi les Etats usent de bureaucratie, puisque c’est scrupuleux dans l’administration des biens (économie d’Etat). Et les personnes de pâtir de l’impersonnalité des systèmes – car il n’y en a pas qu’un, de systèmes, quand les entreprises cherchent toujours à innover à ce niveau.

Ainsi, quand l’économie est réginalement instinctive, le Droit est tort. Maman s’est soumis Papa, en effet, mais sur la base d’une interprétation non pas surféministe là : sur la base d’une interprétation psychanalytique très opérante, incestuelle … ! … Guerre chaude, à laquelle il faut évidemment adjoindre toute la bonne vieille critique du capitalisme, énonçant que le capitalisme est un cannibalisme subliminal. C’est qu’on s’entre-bouffe par les marchés, il faut mâcher, digérer, régurgiter et excrémenter (to process, en anglais).

Vous parlez de soiïsmes !

 

3. Le post-oecuménisme religieux

Ce dernier élément de Guerre chaude nécessitera peut-être plus de sagacité, pour être compris. La civilisation euro-américaine sort à peine – quand elle sort bien – de 10 siècles de christianisme*, avec sa Sainte Mère l’Eglise plus ou moins catholique. Car le catholicisme étant originellement et présentement influent depuis Rome, il n’y a pas de doutes à se faire : le Vatican reste une balise entre les christianismes orthodoxes et protestants.

C’est manifeste dans le dialogue interreligieux et interculturel, actuellement, quand le pape François Ier se prononce dans les débats (pro- alter- anti-)immigrationnistes (en faveur d’une immigration aveugle, d’une immigration choisie, ou d’une immigration close – voire d’une remigration). Le pape en veut. Bon. Eh bien, Notre Sainte Mère l’Eglise reste très prégnante dans les mentalités, s’en prendrait-on à elle (au pape, au Vatican) quand on est un croyant anti-immigrationniste de France, de Navarre ou d’Euro-Amérique.

A partir de là, il faut bien prendre la mesure de ce que c’est que l’oecuménisme, puisqu’il est largement véhiculé par les gauchismes encore toujours, au plan laïc, peut-être plus que par les droitismes, essentiellement formels dans la démarche charitable. Car l’oecuménisme, c’est un giron ecclésial qui, pour charitable se voudrait-il, procède avant tout d’un fonctionnalisme interindividuel : à chaque individu sa place dans l’oeuvre du dieu unique absolu, espace spirituellement totalitaire, où l’administration religieuse manage ses registres, ses âmes et ses lieux.

Vraiment à ce sujet, on sera bien inspiré de lire Peter Sloterdijk, Zorn und Zeit (Colère et Temps), expliquant à quel point l’Eglise catholique, sur le principe, représente la première constitution de « banques de ressentiment » contre les non-chrétiens. Dans Im Weltinnenraum des Kapitals (le Palais de Cristal), Peter Sloterdijk explique encore de façon convaincte, comment l’Eglise s’est consitutée comme « première entreprise transnationale », ou multinationale prototypique. Il faut ajouter que la diaspora juive offrait une base réseautique déjà, tandis que les conquêtes islamiques procèdent de la même démarche expansionniste.

Il y a là un capitalisme spirituel à l’oeuvre, nettement, qui arraisonne tout un chacun dans son économie sociale, c’est-à-dire la communauté des croyants – Eretz Israël, Eglise ou Oumma. De telle sorte qu’il y ait fonctionnalisme, économisme moral, post-oecuménisme religieux dans l’idée, désormais, sur la même base. C’est subtil mais, si vous voulez, psychogénéalogiquement, il y a un aiguillon qui nous enjoint toujours à nous faire humbles jusqu’à l’absurde culpabilisés, rester sages jusqu’à l’absurde culpabilisés, tranquilles jusqu’à l’absurde culpabilisés, aussi humanitaires que possible jusqu’au martyre – ce qui est une néocharité, si l’on veut, charité bourgeoise pour commencer, comme on disait encore au XXème siècle avec un mépris mérité. Tout cela enclos, gironne, « enconne », materne. Au nom de quoi ?

Le grand soi divin, théocentrique, pervers et totalitaire sur le fond. Bref, il y a soiïsme. Mais que l’on s’entende bien : ce n’est pas le principe de la maternité, le problème, ni bien sûr les mères, d’autant plus qu’au lien sur le grand soi divin, on signale bien l’usurpation patriarchique (probablement d’une déesse-mère). Il n’est que de vouloir une parité.

C’est compliqué, mais enfin, la Guerre chaude fait bien suer.

 

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* 10 siècles, pas 20, puisque dans les 10 premiers siècles, le sémitisme chrétien se diffuse et s’impose dans les mentalités européennes toujours païennes, par tous les moyens, y compris les plus véreux. Par exemple, les descendants des Celtes au Nord, j’ai nommé les Vikings, mènent en fait une guérilla dissuasive contre l’Europe, suite à des massacres de païens perpétrés par les chrétiens de l’empire de Charlemagne, spirituellement totalitaire.


 

 

 

 

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