Edouard Philippe renonce à la « clause du grand-père » à quelques jours de la grève


A quelques jours de la grève reconductible qui débute le 5 décembre, le gouvernement a exhorté ses troupes à « passer un message de très grande détermination » sur la réforme des retraites.

« Nous devons passer un message de très grande détermination. Nous nous sommes engagés là-dessus », a déclaré Edouard Philippe à l’Assemblée nationale mardi 26 novembre, devant les parlementaires de la majorité réunis à huis clos. « Nous avons un mandat là-dessus », a insisté le Premier ministre à l’occasion de ce rendez-vous auquel participaient également la ministre de la Santé Agnès Buzyn et le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye.

La « clause du grand-père » abandonnée

À neuf jours de l’épreuve de force, l’exécutif veut reprendre la main sur le calendrier et enjamber la date choisie par les syndicats opposés à son projet de « système universel » de retraite censé remplacer les 42 régimes existants.

Selon plusieurs parlementaires présents à la réunion de mardi soir, Edouard Philippe s’exprimera mercredi pour « dire ce qu’il retient [de ses] échanges avec les partenaires sociaux » qui se sont déroulés lundi et mardi, alors qu’un séminaire gouvernemental sur la réforme est prévu dimanche à Matignon. Jean-Paul Delevoye s’exprimera quant à lui entre le 10 et le 13 décembre, avant une prise de parole du chef du gouvernement avant la fin de l’année pour « donner les arbitrages ».

Syndicats et patronat auraient pourtant préféré que le pouvoir abatte ses cartes avant la date fatidique.

Un rapport affirme que les mères de famille seront pénalisées par la réforme des retraites

Edouard Philippe aurait en tout cas annoncé aux parlementaires qu’il renonçait à la « clause du grand-père », qui réserve la réforme des retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail, selon « le Parisien ». D’après cette même source, le Premier ministre a dit vouloir privilégier une négociation « secteur par secteur ».

Ce point a été le sujet de plusieurs déclarations contradictoires du gouvernement ces dernières semaines. Edouard Philippe affirmait vouloir maintenir toutes les options ouvertes avant l’écriture du projet de loi, tandis que le haut-commissaire aux retraites jugeait son application « impossible » pour une « question d’équité ».

Un système « à la main de l’Etat »

Parti des bastions de la RATP et de la SNCF, l’appel à une grève reconductible contre la réforme des retraites a été rejoint par la CGT, FO, FSU, Solidaires, et plusieurs syndicats étudiants et lycéens, puis par des organisations d’Air France, d’EDF, d’avocats, de magistrats, etc.

Fait rare, les cadres de la CFE-CGC ont appelé à manifester, son président François Hommeril redoutant un futur système « à la main de l’Etat » qui « viendrait à amoindrir le niveau général des pensions ».

Qui participera à la grève du 5 décembre ?

La CFTC a laissé ses syndicats libres de rallier le mouvement, bien que son secrétaire général Cyril Chabanier « privilégie toujours le dialogue par rapport à la grève ».

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, est prêt pour le bras de fer : « On n’avait jamais eu autant de demandes » de salariés « qui veulent savoir comment » participer à la mobilisation du 5 décembre, a-t-il assuré, évoquant des appels à la grève dans « les raffineries, la pétrochimie, le caoutchouc, l’automobile »





FranceTVinfo

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