les parents veulent que le chef de service de soins palliatifs du CHU de Reims « rende des comptes sur sa façon de traiter son patient »



Après la mort de leur fils en juillet dernier, les parents de Vincent Lambert ont assigné en justice le chef du service de soins palliatifs du CHU de Reims. 

Quatre mois après la mort de Vincent Lambert, décédé au CHU de Reims suite à l’arrêt de ses traitements, ses parents assignent le docteur Vincent Sanchez, le chef de service de soins palliatifs du centre hospitalier universitaire de Reims, pour « non-assistance à personne en péril ». Ils attendent qu’il « rende des comptes sur sa façon de traiter son patient », a expliqué sur franceinfo Jean Paillot, l’un des deux avocats des parents Pierre et Viviane Lambert.

franceinfo : Qu’attendez-vous de ce procès ?

Jean Paillot : Que le docteur Sanchez rende des comptes sur sa façon de traiter son patient, sachant qu’il existait un recours devant le comité des droits des personnes handicapées de l’ONU et qu’il n’en a tenu aucun compte. Ce comité de l’ONU a réclamé à la France une mesure provisoire consistant au maintien de l’alimentation et de l’hydratation et plus généralement des soins de Vincent Lambert. Il n’en a pas tenu compte. La cour de cassation simplement dit que les juridictions civiles n’étaient pas compétentes pour statuer sur une voie de fait que nous soulevions.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait dit que la France n’était pas tenue de respecter cette demande du comité de l’ONU.

Madame Agnès Buzyn a menti à la France et nous en serons convaincus collectivement par une décision à rendre par le tribunal correctionnel qui confirmera notre position à savoir que les mesures provisoires sont obligatoires contrairement à ce qu’a dit le gouvernement français.

Quelles questions allez-vous posez ?

Est-il légitime de considérer en état d’obstination déraisonnable une personne qui est simplement handicapée pour le seul fait qu’elle soit handicapée, d’engager un arrêt de son alimentation et de son hydratation ?

Des experts ont pourtant confirmé que Vincent Lambert était dans un état irréversible. Que répondez-vous ?

C’est le contraire que les experts judiciaires ont dit en 2018 à la demande du tribunal administratif. Le problème c’est que le Conseil d’Etat a estimé malgré tout qu’il y avait là une situation d’obstination déraisonnable. Ce n’est pas une situation qui est justifiée médicalement, elle est justifiée pour d’autres raisons que des raisons strictement médicales et objectives.

Ce procès ne va-t-il pas prolonger la souffrance des proches de Vincent Lambert ?

Cette procédure avait été engagée avant la mort de Vincent Lambert, dès le 20 mai 2019. Nous avons estimé opportun, malgré tout, de maintenir cette procédure parce que si Vincent est mort beaucoup d’autres personnes en état de conscience altérée se trouvent exactement dans la même situation et risque un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation parce que le médecin déciderait de ne plus les prendre en charge. C’est en pensant à toutes ces personnes que nous avons décidé de maintenir cette procédure.



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