La France est-elle le pays qui donne le plus d’aide aux étudiants ?


Des étudiants dans un amphithéâtre à l’Université de Strasbourg. Photo d’illustration. (JEAN MARC LOOS / MAXPPP)

De nombreux étudiants sont mobilisés en France pour demander plus de moyens pour vivre. Invité de CNews mardi 26 novembre, le chef de file des députés MoDem Patrick Mignola affirme que la France est « le pays d’Europe qui donne le plus d’aides aux étudiants ». C’est faux car, avec un taux de boursiers de 33%, la France est distancée par plusieurs voisins européens. Quels sont les pays les plus généreux d’Europe ?  

Danemark, Suède, Finlande et Norvège sont les pays qui donnent le plus de facilité à leur jeunesse pour étudier. Le Danemark distribue des bourses à 89% de ses étudiants, selon le rapport 2019 Eurydice de la Commission européenne sur les frais et les aides aux étudiants. La Suède se classe 2eme de ce palmarès avec 88% de boursiers, devant la Finlande (69%) et la Norvège (49%). Dans ces pays, les bourses sont universelles, ce qui signifie qu’elles ne sont pas limitées à une catégorie d’étudiants.  

Si les bourses sont largement distribuées en Scandinavie, leurs montants atteignent aussi des niveaux substantiels. Ainsi, le montant maximum d’une bourse au Danemark peut grimper jusqu’à l’équivalent de 9 800 euros par an et en Finlande jusqu’à 7 100 euros. Il est important de noter que les bourses en Finlande comprennent l’allocation logement. En Norvège, les bourses peuvent monter jusqu’à l’équivalent de 4 540 euros et 4 430 euros en Suède. En France, le montant d’une bourse d’étude culmine à 5 500 euros par an.   

Non seulement les pays scandinaves distribuent beaucoup d’aides, mais ils ne font pas payer de frais d’inscription à leurs étudiants. La France, elle, demande au minimum 260 euros de frais dans les universités en premier cycle, mais plusieurs établissements dépassent ce minimum fixé par le ministère de l’Education.  

En dehors des scandinaves, d’autres pays dispensent leurs étudiants de frais d’inscription, notamment l’Allemagne, même si dix Länder sur 16 demandent entre 50 et 75 euros de frais administratifs. L’Autriche, la Pologne, la Grèce, Chypre et Malte figurent également dans ce groupe. A noter qu’au Royaume-Uni, l’Ecosse ne fait pas payer de frais d’inscription.    

Les comparaisons internationales sont souvent délicates. Ainsi, même si les boursiers français sont proportionnellement moins nombreux qu’en Scandinavie, il ne faut pas oublier que nombre d’entre eux peuvent toucher les APL (Aides personnalisées au logement) qui permettent de couvrir une partie notable de leurs loyers.   

Au Royaume-Uni, les étudiants anglais ne sont pas aidés par l’Etat quand ils entament des études supérieures. En Angleterre, tous les étudiants paient des frais d’inscription dont le montant moyen atteint l’équivalent de 10 500 euros par an pour le premier cycle. Il n’existe pas de bourses publiques, pas d’avantages fiscaux ni d’allocations familiales en faveur de leurs parents. Pour financer leurs études, ils leur reste la solution du prêt qu’ils rembourseront quand ils rentreront sur le marché du travail. Près de 94% des étudiants anglais contractent des prêts pour financer leurs études.



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