La France commence à rattraper son retard dans l’éolien et le solaire


La part de la consommation d’électricité fournie par les éoliennes s’envole en France. Elle a bondi de 17 % sur les douze derniers mois, selon le 
Panorama des énergies renouvelables

, publié ce jeudi, tandis que la part provenant de l’énergie solaire progressait de 4 %. Elaboré par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires des réseaux d’électricité RTE et Enedis, entre autres, ce rapport dresse le bilan des énergies renouvelables fin septembre en France. 

L’Hexagone continue à installer éoliennes et centrales solaires à un rythme soutenu, conclut-il. Malgré ces progrès, la production d’électricité d’origine renouvelable baisse légèrement, à cause d’une moindre disponibilité des barrages hydroélectriques. Les énergies renouvelables couvrent désormais 21 % de la consommation d’électricité en France.

Croissance accélérée 

Pendant que l’hydraulique recule ou stagne, éolien et solaire progressent à grand pas. Ces deux sources d’énergie assurent désormais près de la moitié (48 % environ) de la production d’électricité d’origine renouvelable en France. L’autre moitié provient presque intégralement des barrages hydroélectriques, tandis que les bioénergies couvrent moins de 4 % de cette production. 

De juin à septembre 2019, « les filières éolienne et solaire contribuent à hauteur de 96,6 % à la croissance des énergies renouvelables électriques », note le rapport. Les régions où la croissance est la plus forte sont les Hauts-de-France, la région Grand Est et l’Occitanie. 

Objectifs 2023

Malgré tout, la France peine encore à s’approcher de ses objectifs renouvelables. D’ici à 2023, elle devra accélérer ses efforts dans l’éolien et les quintupler pour l’énergie solaire. 
La loi sur la transition énergétique

, publiée en 2015, prévoit en effet que les énergies renouvelables couvriront 40 % de la consommation d’électricité en 2030. 

Pour y parvenir, 
le gouvernement a dévoilé en janvier de cette année

son projet de programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixe des objectifs intermédiaires pour l’énergie éolienne et solaire. D’ici 2023, la première source d’énergie devra atteindre entre 21,8 et 26 gigawatts, tandis que la deuxième devra s’élever à 18,2, voire 20,2 gigawatts. 

Projets en cours

« La France installe 1,5 gigawatt par an d’énergie éolienne, note Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. Il faudrait en installer 2 pour atteindre les objectifs. On est donc un peu en retard ». Cependant, plusieurs parcs éoliens en mer, d’une puissance moyenne de 0,5 gigawatt chacun, pourraient être raccordés au réseau d’ici là. C’est le cas par exemple des éoliennes de Saint Nazaire, projet qui 
a reçu le feu vert du Conseil d’Etat

en juin. 

Pour le solaire, le retard est encore plus criant. « Sur les douze derniers mois, la France en a installé 0,8 gigawatt seulement. Il en faudrait 4 par an pour atteindre les objectifs », s’alarme Jean-Louis Bal. Il souligne pourtant qu’une série d’appels d’offres lancés par Ségolène Royal et confirmés par Nicolas Hulot, arrivent à maturité. Grâce à ces projets, 2 gigawatts de solaire par an pourraient être raccordés au réseau. Ce qui ne permettrait toujours pas d’atteindre les objectifs de la filière.  



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