Kemba Walker, une autre vision du leadership


Chacun sa façon d’être un leader. La saison passée, le vestiaire de Boston a ainsi très mal vécu, Kyrie Irving étant au cœur de l’attention. Ce dernier avait exprimé le souhait de s’émanciper de LeBron James pour prendre les commandes d’une équipe mais force est de constater qu’on ne s’improvise pas leader d’un claquement de doigts.

La saison dernière, il n’avait pas hésité à se mettre le reste du groupe à dos publiquement. Kyrie Irving avait notamment regretté le manque de maturité et d’expérience de ses coéquipiers, changeant plusieurs fois d’attitude en se montrant tour à tour encourageant ou critique. Ses sautes d’humeur n’avaient pas aidé, comme lors de cette défaite à Orlando où il s’en était pris à son coach lors du dernier temps mort puis à Gordon Hayward, lui reprochant d’avoir fait la passe à Jayson Tatum pour le panier de l’égalisation.

Charlotte l’adore encore

Le contraste est aujourd’hui saisissant à Boston avec la présence de Kemba Walker à la place de Kyrie Irving. La personnalité de l’ancien meneur de Charlotte est tout simplement à l’opposée de celle de son prédécesseur.

Lui aussi a voulu quitter son club de toujours, après neuf saisons en Caroline du Nord. Neuf ans qui lui ont permis de façonner son leadership qui repose davantage sur un état d’esprit positif, une volonté de progresser en équipe. Kemba Walker est unanimement apprécié de la part de ses anciens et actuels coéquipiers pour ces qualités.

« Je ne suis pas surpris, même pas un peu, il s’est intégré tout de suite, » souligne son ancien partenaire de jeu Marvin Williams. « Sa personnalité est tellement contagieuse. C’est un joueur autour duquel on aime être, quelqu’un avec qui on aime toujours jouer ».

Son ancien coach, James Borrego, voit pour sa part en Kemba Walker un leader à la Tim Duncan, d’une grande sobriété, fuyant même la lumière pour mieux mettre en valeur ses coéquipiers.

« Il n’a jamais voulu attirer l’attention. Il la détournait toujours vers quelqu’un d’autre qui faisait un gros stop défensif ou la bonne passe. Il n’a jamais voulu plus. Il voulait que ses coéquipiers croient en ce qu’il faisait, et je pense qu’il comprend ce que ça représente pour une équipe. Il est vraiment altruiste ».

L’exemple de Jayson Tatum

À chaque instant, et encore plus en ce début de saison, Kemba Walker est heureux et prompt à partager son bonheur. « C’est comme ça que je suis, simplement très heureux pour les gars et mes coéquipiers. J’adore quand ils réussissent. J’ai eu beaucoup de succès dans ma carrière, et je veux qu’ils en aient beaucoup aussi ».

En début de saison, ce fameux contraste s’est illustré lorsque Boston s’est retrouvé dans la même situation que lors de ce match perdu à Orlando. Comme Kyrie Irving, Kemba Walker était chaud (33 points), mais Brad Stevens a dessiné le même système. Et avec le soutien de tous ses coéquipiers et une confiance au beau fixe, Jayson Tatum a ainsi inscrit le premier panier décisif de sa carrière en NBA.

« Jasyon a eu cette opportunité d’avoir ce dernier tir et il l’a mis. Que puis-je demander de plus ? Il a gagné, il a mis le tir à la dernière seconde d’un match incroyable et je suis juste heureux, content pour mon coéquipier », avait déclaré le meneur à l’issue de la victoire des Celtics.

Dix jours plus tard, lorsque Jayson Tatum a vécu un trou noir face à Dallas (1/18 au tir), mais Kemba Walker avait à nouveau su trouver les mots justes, l’ailier ayant ensuite enchaîné deux matchs à 23 et 24 points.

« Je lui avais dit avant le match : « Chaque soir ne pourra pas être le meilleur soir. Il est surtout question de rebondir ». Il a rebondi ce soir là. C’était un gros match et c’est important surtout pour un joueur de son âge et de son calibre. C’est un talent unique et je garde un très bon souvenir de la façon dont il avait géré ce soir là ».

Garder le vestiaire soudé en toutes circonstances

Qu’il brille ou pas sur le terrain, et même s’il a laissé la partie vocale du leadership à Marcus Smart, Kemba Walker assume son leadership en restant toujours positif, et en essayant de garder le vestiaire soudé.

« Il va y avoir des moments difficiles dans la saison. On va devoir faire face à l’adversité, simplement comme toutes les autres équipes de cette ligue. Donc quand ce moment arrivera, on veut être capables d’être toujours ensemble et de ne pas nous diviser, ce qui peut arriver » confirme-t-il ainsi.

Boston a pris 12 victoires sur les 16 premiers matchs et pointe actuellement à la troisième place de la conférence Est. Pendant ce temps, du côté de Brooklyn, les Nets ont déjà dû éteindre un premier incendie, en démentant les problèmes posés par le caractère « lunatique » de Kyrie Irving. Touché à l’épaule depuis six matchs (cinq victoires de Brooklyn), ce dernier est à l’infirmerie et manquera donc son premier retour au Garden demain soir.

Kemba Walker Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2011-12 CHA 66 27 36.6 30.5 78.9 0.5 3.1 3.6 4.4 1.2 0.9 1.8 0.3 12.1
2012-13 CHA 82 35 42.3 32.2 79.8 0.7 2.7 3.5 5.7 1.9 2.0 2.4 0.4 17.7
2013-14 CHA 73 36 39.3 33.3 83.7 0.5 3.7 4.2 6.1 1.8 1.2 2.3 0.4 17.7
2014-15 CHA 62 34 38.5 30.4 82.7 0.6 3.0 3.6 5.1 1.5 1.4 1.6 0.5 17.3
2015-16 CHA 81 36 42.7 37.1 84.7 0.7 3.7 4.4 5.2 1.4 1.6 2.1 0.5 20.9
2016-17 CHA 79 35 44.3 39.9 84.7 0.6 3.3 3.9 5.5 1.5 1.1 2.1 0.3 23.2
2017-18 CHA 80 34 43.1 38.4 86.4 0.4 2.7 3.1 5.6 1.2 1.1 2.2 0.3 22.1
2018-19 CHA 82 35 43.4 35.6 84.4 0.6 3.8 4.4 5.9 1.6 1.2 2.6 0.4 25.6
2019-20 BOS 15 32 40.0 38.9 91.7 1.0 3.6 4.6 4.7 1.9 0.9 2.1 0.5 21.1
Total   620 34 41.8 35.9 83.7 0.6 3.3 3.9 5.5 1.5 1.3 2.2 0.4 19.9



A lire aussi

Laisser un commentaire