Isabelle Kocher défend le « profil atypique » d’Engie



Dans quelques semaines, Isabelle Kocher saura si
son mandat à la tête d’Engie

est renouvelé ou non en mai prochain. Lundi, la directrice générale de l’énergéticien français s’est employée à défendre son bilan depuis sa prise de fonction il y a trois ans et demi. Le groupe présente « un profil atypique », « loin du modèle de l’énergéticien traditionnel », qui n’est « pas facile » à expliquer, a-t-elle dit lors d’une rencontre avec la presse.

Le modèle d’Engie n’est plus de « produire de l’énergie en volume » mais d’être présent dans les infrastructures gazières, les énergies renouvelables et les services énergétiques. C’est ce dernier métier, devenu le premier, qui fait l’originalité du groupe français, mobilisant 115.000 de ses 170.000 salariés. « On est absolument les seuls aujourd’hui », a assuré Isabelle Kocher. Le but est d’accompagner les clients dans leur transition zéro carbone, autrement dit de « les aider à consommer moins et partager avec eux cette valeur que nous créons ».

Faire d’Angers une « smart city »

A l’image d’un contrat remporté avec GE Renewables, qui doit permettre à la filiale du conglomérat américain d’atteindre la neutralité carbone l’an prochain. Ou bien de celui que le groupe vient de remporter pour transformer l’agglomération d’Angers en « smart city ». Les débuts de cette mue n’ont pas été faciles. Le groupe, qui s’appelait encore GDF-Suez, a d’abord vu ses résultats reculer entre 2013 et 2015. « Nous perdions des clients tous les ans », a rappelé la dirigeante. Le plan de transformation, qui s’est traduit par 15 milliards d’euros de cessions d’actifs, a mis du temps à générer des résultats.

Mais le « retour à la croissance » est solide désormais, selon Isabelle Kocher. Le résultat opérationnel courant a progressé de 5 % en 2017 et 2018, et
Engie promet une hausse de 7 à 9 % par an

en 2019, 2020 et 2021. Le retour sur capitaux engagés a, lui, nettement progressé. Le groupe a désormais « quelques années d’avance » sur ses concurrents, a vanté la directrice générale.

Il reste encore à convaincre les investisseurs. L’action Engie est pratiquement au même niveau que lors de l’arrivée d’Isabelle Kocher en mai 2016 et souffre d’une décote en Bourse, en particulier par rapport à l’italien Enel et à l’espagnol Iberdrola, leaders européens des renouvelables. La directrice générale s’est félicitée toutefois d’une « très belle dynamique boursière » par rapport à la période qui a précédé sa prise de fonctions.

Aucun analyste financier ne recommande de vendre le titre et la grande majorité est à l’achat, a-t-elle pointé. « La conviction, elle est faite » mais la traduction dans les cours « ne se fait pas du jour au lendemain ». « Il faut continuer à expliquer notre façon de travailler », a-t-elle conclu.



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