Italie : le mouvement anti-Salvini des « Sardines » prend de l’ampleur



En attendant de se constituer (éventuellement) en parti politique, les « Sardines » sont une marque. Le nom et le logo de ce mouvement spontané né en Emilie-Romagne pour entraver la campagne électorale de
Matteo Salvini

ont été déposés à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle.

Les fondateurs des « Sardines » affirment l’avoir fait pour éviter les récupérations, confusions et autres contrefaçons, mais dénient pour l’instant toute volonté de donner naissance à une force politique. Celle de leur mouvement ne cesse toutefois de grandir depuis que 15.000 personnes se sont réunies sur la grande place dans le centre de Bologne alors que Matteo Salvini s’exprimait devant quelque 5.000 supporters dans un stade de la ville.

Mobilisations

L’Emilie-Romagne, bastion de la gauche italienne, vote le 26 janvier prochain pour des élections régionales qui pèseront sur le futur du gouvernement de Giuseppe Conte. Pour contrer le « discours de haine et d’exclusion » de la Ligue, dénoncé par les organisateurs des manifestations des « Sardines », des appels aux rassemblements sur les places des villes de la péninsule sont lancés sur les réseaux sociaux.

Après le succès de Modène, avec plus de 7.000 participants, le phénomène se diffuse en tache d’huile avec des événements prévus à Rimini, Parme, Palerme, Rome, Turin, Milan… mais aussi à l’étranger. Des mobilisations se tiendront en Irlande, à New-York et à Anvers le 2 décembre, lorsque Matteo Salvini se rendra dans la cité belge pour rencontrer ses alliés du Vlaams Belang.

« Bella Ciao »

Les « Sardines », qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche mais pas dans ses partis traditionnels, ont comme mot d’ordre « pas de symboles politiques, pas d’insultes ». Leur hymne de rassemblement est « Bella Ciao », le chant des partisans antifascistes pendant la Seconde Guerre mondiale. Collectif pacifique, les « Sardines » entendent protéger l’Italie des dérives autoritaires, racistes et antisémites.

En attendant de susciter des réactions auprès d’
une gauche italienne amorphe

et aussi aphone que des sardines, ces dernières ont suscité des émules dans le camp adverse. Des groupes pro-Salvini voudraient lancer les « Pingouins » ou les « Chatons » pour ne pas leur abandonner les places du pays. La vie politique italienne se révèle de plus en plus un grand cirque.



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