Le rendez-vous du Particulier. Retraite et rachat de trimestres


Une femme entre dans une agence de l’assurance-retraite à Armentières (Nord), le 15 février 2019. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le rachat de trimestres manquants pour partir à la retraite, une question que se pose toutes les personnes proches ou non du départ à la retraite.
Comment s’y prendre, quels sont les pièges à éviter ? Nathalie Cheysson-Kaplan propose 10 conseils dans son dossier réalisé pour le mensuel Le Particulier.

franceinfo : Qui peut être concerné par ce système de rachat de trimestres de retraite ?  

Nathalie Cheysson-Kaplan :  Ce système concerne toutes les personnes qui souhaitent partir en retraite dès 62 ans, et qui savent qu’elles n’auront pas le nombre de trimestres suffisants pour obtenir le taux plein : un rachat peut leur permettre d’augmenter artificiellement leur durée d’assurance et donc de partir plus tôt que prévu, avec la même retraite que celle qu’ils auraient eu en travaillant jusqu’au bout. Mais attention, cela n’est valable que pour les régimes dans lesquels la durée d’assurance à une importance comme le régime des salariés ou celui des indépendants. 

Dans certains régimes, notamment dans la plupart des régimes complémentaires des professions libérales, seul l’âge compte et un rachat ne sera pas vraiment intéressant. Ensuite, pour pouvoir racheter, il faut avoir des périodes à racheter : comme des années d’études supérieures ou des années pendant lesquelles vous n’avez pas gagné assez pour valider 4 trimestres  

Ça coûte cher un trimestre ?  

Si vous rachetez à un âge proche de la retraite, cela vous coûtera entre 3000 et 6 000 euros le trimestre, en fonction du niveau de vos revenus professionnels et de l’option choisie. Mais les sommes versées pour racheter des trimestres sont déductibles en totalité de votre revenu imposable. Plus vous êtes imposé, plus l’économie apportée par cette déduction sera importante.

Faut-il le faire tôt ?

Non, même si le coût augmente avec l’âge. Car les règles ou votre situation personnelle ou professionnelle peuvent changer entre temps. Et vous courez le risque que votre rachat devienne inutile. Il n’y a qu’une exception à cette règle : les années d’expatriation pour lesquelles il faut faire la demande dans les 10 ans qui suivent votre retour en France.

Dans les autres cas, le mieux est de racheter dans l’année qui précède votre départ en retraite, même si cela limite vos possibilités d’étalement des paiements.

Faut-il racheter tous les trimestres manquants ?  

Depuis le début de l’année, si vous partez dès que vous avez tous vos trimestres, on vous applique un malus de 10% pendant 3 ans sur le montant de votre retraite complémentaire. Du coup, ce n’est pas forcément avantageux de racheter tous les trimestres qui vous manquent. Si vous en racheter un de moins, vous faites l’économie d’un trimestre et vous échapper à ce malus. En contrepartie, vous aurez un abattement de 1% sur votre retraite complémentaire, jusqu’à la fin de votre vie.

D’après nos calculs, en comparant l’une et l’autre situation sur la durée de votre espérance de vie à la retraite, cette dernière solution est plus avantageuse financièrement.

Que faut-il faire avant de racheter un ou plusieurs trimestres ?   

Il faut évaluer avec précision le nombre de trimestres qui va vraiment vous manquer. Cela va dépendre de la date à laquelle vous allez demander le versement de votre retraite. Cette date ne sera forcément la date à laquelle vous quittez effectivement votre entreprise, s’il vous reste des jours de vacances à prendre ou des jours inscrits sur votre compte épargne temps, utilisez-les.

Car la dernière année, les trimestres ne dépendent pas du montant de vos cotisations, mais des trimestres civils entiers cotisés : par exemple, si vous êtes né en février et pouvez en théorie partir dès le 1er mars, vous aurez intérêt à différer d’un mois et à ne partir qu’en avril – cela vous aura permis de gagner un trimestre en travaillant seulement un mois de plus et donc d’économiser le coût du rachat d’un trimestre.

Faut-il en parler à son employeur ?  

Ce n’est pas nécessaire mais en pratique vous y avez intérêt car dans certaines entreprises, il est possible de monétiser son CET pour racheter des trimestres… Vous aidez à racheter vos trimestres, cela lui coûtera sans doute moins cher que de vous garder jusqu’à ce que ayez tous vos trimestres. Cela lui permet en outre de rajeunir sa pyramide des âges. Cela peut être aussi être une alternative à la rupture conventionnelle si votre employeur est pressé de vous voir partir à la retraite. Pourquoi ne pas lui proposer à la place de vous racheter vos trimestres manquants ? Cela lui coûtera moins cher que de vous mettre à la porte à 62 ans et cela fera moins mauvais effet.   



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