le paradoxe de la Finlande



C’est un lieu paisible où elle se reconstruit peu à peu. Pédant dix ans, une jeune femme finlandaise a subi les violences de son conjoint : des insultes et des coups toujours plus fréquents. Jusqu’à ce jour où son mari la traîne dans un champ. « Il avait un taser et une sorte de batte de baseball avec lui. Il m’a traîné dans le champ, par terre. Je l’ai supplié de ne pas me frapper. Il a fini par m’abandonner sur place », explique-t-elle. Aujourd’hui, elle a porté plainte. Son mari est en prison, mais il lui a fallu des années pour appeler au secours.

« Quand tu es finlandais, tu ne demandes pas d’aide. C’est quelque chose qu’on a du mal à faire. Mais quand j’étais au fond du trou, j’ai dû admettre que j’en avais besoin. Et à partir du moment où je me suis décidée, ça a été facile d’en obtenir », précise-t-elle. Si la Finlande est un modèle en matière d’égalité hommes-femmes, le pays scandinave est aussi le deuxième pays d’Europe le plus touché par les violences conjugales. Une femme sur trois est concernée. « Le viol conjugal n’est passible de poursuite que depuis 1994. Ça montre que nous avons eu une tolérance vis-à-vis de cette violence. On a pensé que c’était une affaire privée et non publique pendant beaucoup plus longtemps que les pays voisins », explique Martta October, avocate et directrice du développement de l’Institut national de la santé et du bien-être. 



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